Institute for Justice and Democracy in Haiti

Texte int�gral de la d�claration de politique g�n�rale du Premier Ministre Jacques �douard Alexis
Version S�nat
Monsieur le Pr�sident du S�nat Distingu�s membres du Bureau Mesdames et Messieurs les S�nateurs

Voil� d�j� vingt ans que notre pays s�enlise dans une transition qui finissait par nous faire douter de notre capacit� de nous prendre en main en vue de r�soudre nos probl�mes.

Le peuple ha�tien, durant cette trop longue travers�e du d�sert, n�a cependant jamais perdu espoir. Il a patiemment attendu qu�on lui donne encore une fois la chance de faire les choix qui lui tiennent � c�ur, la chance de dire dans quelle direction il entend s�engager.

En accordant toute sa confiance au candidat de la plateforme LESPWA, son Excellence le Pr�sident Ren� Pr�val, en faisant choix de vous comme S�nateurs de la R�publique, en marquant sa pr�f�rence pour les d�put�s de l�actuelle l�gislature, le peuple ha�tien a voulu exprimer sa d�termination � lutter contre toutes formes d�exclusion, sa claire volont� de vivre dans une soci�t� o� les droits de tous et de chacun sont reconnus et respect�s.

La n�cessit� de la participation de tous � la vie en soci�t� en toutes ses dimensions, le caract�re indispensable d�une concertation permanente et structur�e entre tous les acteurs, voil�, Honorables S�nateurs, la le�on que nous devons retenir des r�centes mobilisations populaires.

C�est en gardant en m�moire la pertinence de ces enseignements que je m�adresse � vous et, � travers vous, aux diff�rents secteurs de la vie nationale qui esp�rent cette fois une sortie de crise d�finitive. Je suis ici, dans cette enceinte, � titre de Premier Ministre choisi par le Pr�sident de la R�publique et ratifi� par le Parlement, pour partager avec vous les pr�occupations de mon Gouvernement, ses pr�tentions et ses motifs d�espoir et pour vous pr�senter ma d�claration de politique g�n�rale qui, je l�esp�re, aura votre confiance et votre soutien.
I- Pr�alables � un nouveau d�part
Les profondes aspirations de notre soci�t� nous convient tous � un nouveau d�part. Trois conditions me paraissent indispensables pour un nouveau d�part. Nous devons rendre possibles les conditions de stabilit� et de paix que r�clament les Ha�tiennes et les Ha�tiens. Nous devons mettre tout en �uvre pour permettre � tous nos concitoyens d�avoir acc�s � un minimum de services et nous devons assurer le maintien de l�ordre et de la s�curit� ainsi que la protection des personnes et des biens.
Mon gouvernement s�engage � mettre en application une politique d�inclusion, de dialogue et de r�conciliation avec tous les secteurs de la vie nationale. Cette politique de main tendue est dict�e par la volont� de ce gouvernement de prendre l�int�r�t national comme boussole. Cette approche participative � laquelle nous ferons appel dans les �tapes d��laboration et d�ex�cution de nos politiques publiques est d�j� manifeste dans la composition m�me de mon gouvernement.

La deuxi�me condition se concr�tise dans notre volont� de rendre progressivement les services de base disponibles sur la totalit� du territoire. L�intention de mon gouvernement est d�avoir une politique qui cible les 140 communes de nos dix d�partements. Un paquet minimum de services en mati�re d��ducation, de sant�, de loisirs, d�eau potable et d�assainissement, d�opportunit�s �conomiques sera disponible dans chacune d�elles.

La troisi�me condition et non la moindre est celle que les Ha�tiens r�clament aujourd�hui encore avec le plus d�insistance. Ils veulent que l�Etat prenne ses responsabilit�s pour assurer le maintien de l�ordre et de la s�curit� ainsi que la protection des personnes et des biens. Mon gouvernement m�nera une lutte de tous les instants contre toutes formes de criminalit� et il s�engage � r�duire significativement l�ins�curit� dans nos villes et dans nos campagnes en am�liorant la pr�sence de nos forces polici�res sur le territoire national et en facilitant la mise en �uvre d�un r�el programme de d�sarmement, de d�mobilisation et de r�insertion. Il demeure entendu, par ailleurs, que la s�curit� ne peut �tre ni profonde, ni durable sans une r�elle �l�vation du niveau de vie et un meilleur acc�s � la justice.
En r�alit�, nous nous trouvons � la crois�e des chemins. Nous devons nous engager dans la bonne direction, en prenant avec courage les grandes d�cisions qui s�imposent. Pour faire face aux nombreux d�fis qui sont devant nous, pour jeter enfin les bases de cette soci�t� inclusive que nous appelons de nos veux, il nous revient d�identifier nos grandes orientations et de cibler les grandes priorit�s qui serviront de balises � nos actions.
II- Les grandes orientations de ce quinquennat
Le Pr�sident Pr�val, � maintes occasions au pays et lors de ses visites � l��tranger, a identifi� les deux grandes orientations de son quinquennat sur lesquelles il voudrait �tre jug�. Il s�agit, d�une part, de la construction de l�Etat moderne et du renforcement des institutions d�mocratiques et, d�autre part, de la cr�ation des conditions favorables � l�investissement en vue de la cr�ation de richesses au b�n�fice de l�ensemble de la population.

2.1 Construction de l�Etat moderne et renforcement des institutions d�mocratiques
La modernisation de l��tat, l�une des pi�ces ma�tresses de l�action de mon Gouvernement comporte plusieurs dimensions.

2.1.1 La refondation de l��tat
La construction d�un pays moderne suppose la modernisation de l��tat lui-m�me.
L�essentiel des propositions pour parvenir � ce nouvel �tat sont d�j� largement formul�es. Il nous faut, dans la concertation, les actualiser si n�cessaire, et leur donner force de loi.
Mon Gouvernement accordera une attention sp�ciale � la mise en �uvre de la r�forme de la justice sans laquelle un �tat de droit ne verra jamais le jour en Ha�ti. Il accordera aussi une attention particuli�re � la r�forme de la Fonction publique qui sera garante d�un Etat bon gestionnaire.

De fa�on plus sp�cifique et d�j� d�s la reprise de la prochaine session ordinaire de l�Assembl�e nationale, mon Gouvernement entend revenir sur certaines initiatives prises par le gouvernement int�rimaire qui a adopt� certains d�crets appel�s � acc�der au statut sup�rieur de lois.

Particuli�rement sensible au bon fonctionnement des rapports entre l�Ex�cutif et le L�gislatif, un membre de mon Gouvernement sera charg� des relations avec le Parlement et je demanderai � chaque Ministre d�avoir dans son cabinet un charg� de mission qui assurera le suivi des dossiers sectoriels au Parlement. Il reviendra notamment � ce Ministre Charg� des Relations avec le Parlement d�assurer, sous ma responsabilit� et dans la concertation avec le Parlement, le suivi de l�agenda l�gislatif.

Quant aux relations entre instances sup�rieures de l�Ex�cutif -Pr�sidence et Primature- le Pr�sident de la R�publique et moi-m�me avons l�intention de mettre en place les structures et m�canismes ad�quats pour garantir la permanence de l�Etat et pour assurer la coordination de l�action gouvernementale.

Notre Constitution ayant plac� les Collectivit�s territoriales au c�ur du nouveau r�gime politique et de l�action �tatique, nous accorderons une attention sp�ciale au processus de d�centralisation. Nous mettrons en place un partenariat d�centralis� et participatif en vue de faciliter l�acc�s des Collectivit�s territoriales � des ressources d�investissement tout en renfor�ant les capacit�s institutionnelles et manag�riales au niveau local, notamment par l�apport des institutions administratives d�concentr�es tel que la Constitution nous l�impose. Pour passer de la parole aux actes, nous pr�voyons dans le prochain budget de rendre effective la r�partition des ressources financi�res par d�partement pour une plus grande visibilit� de l�action territoriale de mon gouvernement.

La bonne gestion de la gouvernance externe me tient aussi � c�ur. Il nous parait indiqu� d�adopter de nouvelles orientations dans le domaine de la politique �trang�re suivie par notre Chancellerie allant dans le sens du renforcement des liens avec nos voisins imm�diats de la Cara�be et de l�Am�rique latine et du maintien de nos relations privil�gi�es avec les pays amis traditionnels. A tr�s court terme, nous devons soumettre les postes d�ambassadeurs � l�approbation du S�nat, tel que le prescrit la Constitution, et nous proc�derons � une revue de nos ambassades et de nos consulats en vue d�avoir des retomb�es plus imm�diatement visibles pour le pays en termes de promotion culturelle, de recherche d�investissements, d�ouverture de march�s pour nos produits et de canalisation des efforts de la diaspora vers la m�re- patrie.

Certains prescrits de notre Charte Fondamentale de 1987, enfin, font l�objet de d�bats et parfois de controverses. Il nous faudra construire un r�el consensus social sur les initiatives � prendre en vue d�adapter notre Constitution pour la mettre � la hauteur des aspirations et des d�fis qui attendent les prochaines g�n�rations.
2.1.2 L�appui � la consolidation des institutions d�mocratiques
Le processus �lectoral a permis � ce jour d��lire le Pr�sident de la R�publique et la quasi-totalit� du Parlement. Il nous faut parachever dans les meilleurs d�lais la mise en place des institutions d�mocratiques, et ce, jusqu�au niveau des collectivit�s territoriales.

Mon Gouvernement travaillera, de concert avec le Conseil �lectoral Provisoire et les partenaires internationaux, pour que les �lections S�natoriales et L�gislatives partielles soient tenues dans les meilleurs d�lais.

Nous souhaiterions aussi que les �lections au niveau des collectivit�s territoriales se tiennent en m�me temps que les partielles et les municipales de mani�re � susciter une participation accrue et � �conomiser des ressources rares.
Cependant, pour accueillir ces nouveaux �lus et leur donner les moyens n�cessaires pour remplir leur mandat constitutionnel. L�Ex�cutif et le L�gislatif devront imm�diatement s�atteler � la r�vision et � la promulgation d�un cadre l�gal et r�glementaire coh�rent r�gissant les institutions locales.

Une fois l�ensemble du dispositif institutionnel en place, nous oeuvrerons � la mise en place du Conseil �lectoral Permanent, institution nationale essentielle � la p�rennisation des droits d�mocratiques de chaque citoyen et de chaque citoyenne.
Par ailleurs, il y lieu de reconna�tre que les Parlementaires travaillent dans des conditions extr�mement difficiles. Mon Gouvernement entend accorder � ce Pouvoir, dans les limites des ressources disponibles, les moyens requis pour l�ex�cution de son mandat d�fini dans la Constitution. Nous saluons la mise sur pied rapide d�une Commission bicam�rale pour traiter de ces aspects.

Le Gouvernement apportera son concours actif � l�am�lioration des conditions de fonctionnement � court et moyen termes, tout en respectant scrupuleusement le leadership du Parlement en cette mati�re. Nous en profitons, par ailleurs, pour renouveler l�appel lanc� par le Pr�sident de la R�publique aux autorit�s l�gislatives de se pencher dans les meilleurs d�lais sur les dossiers d�organisation d�une structure d�assistance technique aux parlementaires et de construction d�un nouveau Palais L�gislatif, comme symbole qui affirme haut et fort la dignit� de la fonction et l�irr�versibilit� de la gouvernance d�mocratique en Ha�ti.
Mon gouvernement s�engage � promouvoir et � garantir le pluralisme politique et le libre fonctionnement des partis politique pr� requis essentiels pour le plein �panouissement d�une vie d�mocratique saine. A cet effet, sur la base de crit�res � d�finir, il veillera � mobiliser les ressources n�cessaires � l�atteinte de cet objectif.
2.1.3 Le d�ploiement de l��tat sur l�ensemble du territoire national
Construire une soci�t� fond�e sur la participation de tous suppose que l��tat soit pr�sent sur l�ensemble du territoire national de mani�re � pouvoir exercer les fonctions r�galiennes et � dispenser les services aux citoyens et citoyennes qui sont de sa responsabilit�.

Assurer la pr�sence de l��tat, c�est doter chaque commune, chaque chef-lieu de d�partement des �quipements collectifs ad�quats. � ce chapitre, les besoins sont �normes. Les donn�es du dernier recensement nous fournissent un premier inventaire des facilit�s physiques. Mon Gouvernement s�engage, de concert avec les �lus locaux et selon une approche participative, � dresser un devis pour chaque commune et chef-lieu d�partemental et � l�assortir d�un plan d�ex�cution � r�aliser � l�int�rieur du quinquennat.

Il reviendra, bien s�r, aux assembl�es d�partementales de construire la coh�rence r�gionale entre ses diff�rents devis et plans d�activit�s. Les �lus du Nord se souviennent peut-�tre de l�exp�rience de d�finition participative d�un programme de d�veloppement, conduite lors de son premier mandat par le Pr�sident Ren� Pr�val et son �quipe gouvernementale dans la r�gion du Borgne et de Port-Margot. Cette probl�matique du d�veloppement local et participatif figure � l�agenda de la Conf�rence r�unissant le Gouvernement de la R�publique ainsi que les partenaires techniques et financiers de la Communaut� internationale pr�vue pour la fin du mois de juillet � Port-au-Prince. Rendre les services disponibles sur l�ensemble du territoire, c�est �galement mettre en place un r�seau ad�quat de communications modernes. Mon Gouvernement entend faire un usage judicieux des Nouvelles Technologies de l�Information et de la Communication pour am�liorer la disponibilit� des services et des informations sur l�ensemble du territoire.La construction et le renforcement des institutions d�mocratiques, � eux seuls, ne pourraient d�boucher sur cette soci�t� de l�inclusion�: il nous faut aussi cr�er de la richesse.

2.2- La cr�ation de richesses par l�investissement priv�
Sans n�gliger le r�le �minemment �conomique de l�investissement public comme moyen d�accroissement de la demande interne, mon Gouvernement n�oubliera pas que l�investissement priv� reste le moteur de la croissance. Ce type d�investissement sera recherch� non seulement � cause des flux nouveaux de capitaux qu�il am�ne dans l��conomie, mais aussi et surtout en raison des emplois qu�il cr�e et des innovations qu�il v�hicule avec lui dans la technologie et le savoir-faire manag�rial.
De nombreux secteurs de notre �conomie offrent un terrain d�accueil favorable � l�investissement priv�. Permettez-moi de citer, � titre d�illustration, les quatre principaux dans lesquels l�action de mon Gouvernement aura � se manifester sans d�lai.
Il n�est un secret pour personne que le potentiel touristique du pays est tr�s largement inexploit�. Sa virginit�, si je peux dire, et les nombreux atouts distinctifs qu�il offre par comparaison avec d�autres pays de la r�gion en font un secteur de choix tant pour les investisseurs ha�tiens qu��trangers. Voulant faciliter le retour progressif d�Ha�ti sur la carte des destinations touristiques, mon Gouvernement mettra tout en �uvre pour assurer le d�veloppement d�un tourisme bas� sur les crit�res de d�veloppement durable en assurant la mise en valeur du patrimoine touristique et en contribuant � la valorisation et � la protection de l�environnement. Ce d�veloppement touristique durable devra se faire au profit des communaut�s locales, comme outil pour am�liorer les opportunit�s d�emploi et la qualit� de la vie.
Dans ce contexte, seront revus les r�cents dossiers d�actualisation du Plan Directeur du Tourisme de 1996 en vue d�adopter un plan d�actions dont la priorit� sera � court terme de capitaliser sur une demande existante, notamment au sein de la Diaspora Ha�tienne.
Dans ce m�me ordre d�id�es, des efforts seront entrepris pour identifier tr�s rapidement en concertation avec les acteurs du secteur touristique les p�les pouvant �tre d�velopp�s et les mesures d�accompagnement � envisager par les pouvoirs publics.
Le deuxi�me secteur prioritaire pour l�investissement priv� est celui des t�l�communications et des nouvelles technologies de l�information. Encore une fois, il s�agit l� d�un domaine o� un effort colossal combinant l�action publique et l�intervention priv�e sera n�cessaire pour mettre les services au niveau des besoins des usagers mais surtout pour permettre de mettre en place l�infrastructure technologique n�cessaire pour que les entreprises ha�tiennes deviennent plus comp�titives et que de nouveaux emplois et de nouveaux m�tiers puissent �tre cr��s pour nos jeunes dipl�m�s des centres de formation technique, des universit�s et �coles sup�rieures.
Le troisi�me secteur de priorit� sera bien s�r celui de l�industrie manufacturi�re. Nous soutiendrons en particulier les nouvelles initiatives et les projets de renforcement des capacit�s dans des programmes de construction de parcs industriels et de zones franches. Ce secteur sera prioris� non pas parce qu�il permet la cr�ation rapide d�emplois pour les jeunes mais aussi parce qu�il peut permettre de mettre en place la plate-forme n�cessaire qui devra favoriser, par diverses formes successives d�int�gration verticale, la cr�ation d�une v�ritable industrie ha�tienne.
Enfin, parlant d�investissement priv�, nous avons aussi � l�esprit ces innombrables petits producteurs tant du secteur agricole que des centres urbains qui ont appris � survivre sans aide de l�Etat, sans cr�dit bancaire, sans institution d�encadrement et au sein d�un cadre r�glementaire qui ignore leur contribution � l��conomie nationale et � l��quilibre de la soci�t�. Ces investisseurs recevront une attention privil�gi�e de notre part, m�me si l�appareil d�Etat doit pour cela consentir � une v�ritable r�ing�nierie de son organisation et de ses mani�res de faire.
Pour atteindre ces objectifs, la strat�gie adopt�e misera sur la concertation avec les acteurs, � la fois au moment de la planification afin de nous assurer que nous faisons les meilleurs choix pour le pays mais �galement pendant tout le processus pour nous assurer que nous avons adopt� les mesures correctrices appropri�es qui garantiront au bout du compte la production de r�sultats co�t-efficaces.
Une autre composante importante de notre strat�gie pour accro�tre l�investissement priv� consistera � transformer radicalement notre bureaucratie pour qu�elle cesse de se comporter en ennemi de l�investisseur. Pour cela, de nombreuses actions seront n�cessaires, au niveau de la formation afin de changer la mentalit� de nos fonctionnaires et de les transformer en promoteurs de l�investissement, au niveau du cadre institutionnel afin de moderniser nos lois et nos r�glements et surtout afin de simplifier nos proc�dures et de les rendre transparentes, seules conditions pour �liminer la corruption et l�arbitraire et permettre � l�investisseur de trouver aupr�s de nos administrations le facilitateur et l�accompagnateur qui l�assisteront dans la r�alisation de ses investissements.
Une autre initiative qu�il convient d�inscrire explicitement au titre des investissements est le programme de formalisation des actifs du secteur informel. Les deux mesures les plus urgentes de ce programme sont�: la cr�ation de l�Office National de Capitalisation qui aura la charge d�identifier, d�enregistrer et de titrer les propri�t�s informelles et la mise sur pied de la Cour d�Arbitrage devant juger et r�soudre les conflits issus du processus de formalisation/capitalisation. Ce programme sera soumis � l�appr�ciation du Parlement � br�ve �ch�ance.
Le recadrage du CCI devra tenir compte de toutes ces priorit�s du Gouvernement en mati�re d�investissement pour la cr�ation d�emploi durable.
III- Les actions prioritaires de mon Gouvernement
Honorables S�nateurs,

C�est dans le cadre de ces deux grandes orientations d�finies par le Pr�sident de la R�publique que je compte d�velopper les actions de mon Gouvernement qui devront s�inscrire dans la recherche d�un �quilibre spatial et seront compl�t�es par un ensemble d�autres mesures de redressement et d�effets imm�diats dans la vie des citoyens et des citoyennes.
Au titre de ces derni�res, l�une d�entre elles retiendra en tout premier lieu notre attention. Il s�agit du programme d�apaisement social qui repr�sente pour nous une strat�gie qui int�gre des �l�ments de r�ponse aux probl�mes urgents que confronte la population ha�tienne et la n�cessit� de s�attaquer aux probl�mes structurels qui confrontent notre pays.
Ces mesures imm�diates sont assorties d�actions r�gionales et sectorielles et j�en esquisserai pour vous les plus importants aspects.
3.1 Lancement du Programme d�Apaisement social
Le programme d�apaisement social vise � r�pondre � tr�s court terme � diverses demandes sociales, � apaiser la mis�re des plus d�munis et � constituer des amorces aux initiatives plus structurantes.Il s�agit d�une banque de fiches de plus de trois cents (300) projets et interventions � r�aliser dans les divers secteurs de la vie nationale dans les diff�rents d�partements et communes de la R�publique.
Les activit�s envisag�es dans le PAS contribueront ��:
1. lever les obstacles les plus �vidents � l�inclusion sociale�;
Lever les obstacles les plus �vidents � l�inclusion sociale signifie r�pondre aux besoins des populations les plus vuln�rables qui se retrouvent principalement dans les zones urbaines marginalis�es et dans les zones rurales excentriques o� s�vit la famine.
On retrouve dans ce volet, pour les zones urbaines, les projets de restaurants communautaires, les activit�s de loisirs aptes � favoriser l�int�gration des enfants de la rue, l�am�nagement de lieux publics pour les jeunes.
Pour les zones rurales, il s�agit d�aide humanitaire mais surtout d�interventions associ�es aux projets de relance du cycle de production.
2. r�tablir l�acc�s aux services de base�;
R�tablir l�acc�s aux services de base demande des interventions dans les domaines de l�eau potable, de l�assainissement, de l��lectricit�, des infrastructures, de la sant� et de l��ducation.
� Les projets en eau potable et assainissement visent plusieurs r�gions du pays, avec une priorit� sur les zones fortement peupl�es en milieu urbain.
� Pour l��lectricit�, les mesures touchent l�ensemble des r�gions et ciblent une desserte minimale capable de supporter les services publics comme la petite adduction d�eau potable, l�approvisionnement des centres de sant�.
� Les besoins en infrastructures sont consid�rables. La priorit� sera donn�e aux travaux n�cessaires pour r�duire les risques de catastrophes naturelles � l�approche de la p�riode cyclonique. Les autres projets seront cibl�s en fonction du potentiel de cr�ation d�emplois.
� Dans le domaine de la sant�, on retrouve les mesures de r�habilitation des syst�mes d�eau potable ainsi que les projets visant � doter d�un centre de sant� les cinquante-cinq communes du pays qui n�en disposent pas encore.
� Dans le domaine de l��ducation, c�est la rentr�e scolaire qui est l��l�ment cl� du programme. Les initiatives comprennent la r�habilitation de certaines �coles, les apports en manuels scolaires, les uniformes.

3. relancer le cycle de production�;
Relancer la production nationale est un objectif qui va nettement au-del� de la port�e du PAS. Cependant, au titre du PAS, des actions imm�diates s�imposent pour mobiliser dans la mesure du possible, les ressources locales pour produire les biens et services n�cessaires.
Ainsi, les uniformes pour l��cole devraient �tre fabriqu�s par les tailleurs locaux. Il en va de m�me pour les travaux de ma�onnerie dans la r�habilitation des centres de sant�, des �coles, des infrastructures d�assainissement et autres.
Dans le domaine agricole et celui des petits artisans, il y a un fort besoin de recapitalisation et d�approvisionnement en intrants pour relancer la production. Une action �nergique sera entreprise rapidement dans ce domaine.

4. cr�er des emplois pour les travailleurs non sp�cialis�s.
La cr�ation d�emplois pour les travailleurs non sp�cialis�s demeure un d�fi important, et c�est au niveau des choix de strat�gie d�intervention, des modalit�s d�ex�cution des projets identifi�s que les objectifs de cr�ation d�emplois seront remplis.
Les emplois doivent permettre de produire des biens et services utiles � la population. C�est pourquoi ce volet doit �tre une cons�quence, un r�sultat des autres activit�s du PAS.Le financement du PAS sera assur� en partie par les fonds propres de l�Etat et en partie par des fonds provenant de la communaut� internationale.

3.2 Gestion du cadre macro-�conomique et processus budg�taire
L��tat doit assumer son r�le, jouer sa partition. Mon Gouvernement prendra toutes les mesures pour la mise en place des conditions favorables � la relance des investissements, notamment en assurant une gestion rigoureuse du cadre macro-�conomique pour limiter l�inflation, stabiliser les taux de change et pratiquer une discipline fiscale appropri�e. Il nous faudra aussi mettre � jour le cadre r�glementaire des investissements. Sur ce plan la collaboration avec les Institutions financi�res internationales sera essentielle pour assurer le pilotage de l�ensemble des mesures et la cr�dibilit� aupr�s des investisseurs potentiels. Le Gouvernement issu des �lections de f�vrier 2006 va h�riter d�un environnement macro�conomique et financier plus ou moins stable. Le d�ficit budg�taire a �t� gard� sous contr�le, et les r�serves nettes de change sont � leur niveau le plus �lev� depuis la crise de f�vrier 2004. Le taux de change s�est appr�ci� au cours des derni�res semaines et se stabilise actuellement autour de 40 gourdes pour un dollar US. Le principal objectif du mon gouvernement sera donc de sauvegarder les acquis dans le domaine de la stabilisation macro�conomique et financi�re, pr�alable indispensable � la r�ussite des objectifs strat�giques de dynamisation des investissements publics et surtout priv�s, du soutien et de la croissance de l�emploi.
Pour l�exercice fiscal 2005-06, le taux de croissance du PIB r�el pourrait d�passer 2%. Pour r�aliser nos objectifs de croissance de l�ordre de 4% il faudra l�apport des investissements tant publics que priv�s dans les secteurs porteurs de l��conomie tels que l�agriculture, les industries manufacturi�res, la construction et les infrastructures, les transports et communications, le tourisme.
Le d�fi majeur de ce Gouvernement sera de d�gager les ressources suffisantes pour pouvoir satisfaire les besoins urgents de la population, am�liorer ses conditions de vie et r�aliser les conditions n�cessaires � la cr�ation de richesse sur une base stable et susceptible de r�duire le taux de pauvret�.
A cet effet, l�objectif du Gouvernement est de faire passer la pression fiscale de son niveau actuel de 9% � 12-13% � moyen terme. Pour y arriver, des mesures tant fiscales qu�administratives seront adopt�es pour �largir l�assiette fiscale. L�augmentation de la pression fiscale doit r�sulter tout d�abord et avant tout de l��largissement de l�assiette fiscale par le d�pistage de nouveaux contribuables et par la lutte contre la fraude et l��vasion fiscale.
Sur le plan budg�taire, mon Gouvernement proc�dera � la rationalisation des ressources publiques, �vitera tout gaspillage, �liminera les d�penses non essentielles afin de lib�rer des ressources qui seront allou�es dans les secteurs prioritaires et dans tous ceux susceptibles de contribuer � la r�duction de la pauvret�.
Parall�lement, la gestion des d�penses publiques sera effectu�e de fa�on � avoir une bonne ma�trise du d�ficit budg�taire.
3.3 Relance de la production nationale
Le Pr�sident de la R�publique a d�j� d�clar� que la solution pour combattre la mis�re et la vie ch�re qui l�alimente ne se trouve pas dans la charit�, ni dans les programmes d�aide humanitaire, mais bien dans l�investissement pour que plus de biens soient disponibles sur les march�s � des prix comp�titifs et pour que plus d�emplois soient cr��s. C�est, a-t-il dit, ��en fournissant des revenus en contrepartie du travail et en relan�ant la production nationale que les conditions de vie de la grande majorit� de nos compatriotes changeront��.
La production agricole �tant le fer de lance de la production nationale, un ensemble de mesures seront mises en �uvre pour la modernisation et pour la transformation d�une agriculture largement de subsistance en une agriculture d�entreprenariat, tenant compte des potentialit�s naturelles dans le cadre d�un d�veloppement durable. La reprise de la r�forme agraire figure dans la liste de ces mesures. Par ailleurs, l�animation du monde rural ne se limitera pas � la relance de la production agricole. Il nous faudra inscrire notre d�marche dans une perspective plus globale de d�veloppement du milieu rural. On insistera enfin sur la n�cessit� de d�velopper des centres o� se pratique de la recherche appliqu�e sur l�ensemble des probl�mes et d�fis du monde paysan.
Les productions culturelles et artisanales seront soutenues. Elles peuvent jouer un r�le non n�gligeable dans le d�veloppement du pays dans la perspective d�une reprise solide des activit�s touristiques. Mon Gouvernement se propose d�encourager la cr�ation et le d�veloppement de r�seaux associatifs d�exportations et de productions de produits culturels et artisanaux, de soutenir la pr�sence de l�artisanat ha�tien et de nos produits culturels dans les manifestations et promotions culturelles au pays et � l��tranger et de faire la promotion de nos produits culturels et d�artisanat � travers les circuits touristiques.

La relance de la production nationale sera la cl� de vo�te du programme socio-�conomique du Gouvernement et la plupart des mesures de cette d�claration de politique g�n�rale y concourent � des degr�s divers. C�est pourquoi nous avons l�intention de poursuivre le dialogue avec les d�tenteurs de l��pargne nationale et les �pargnants de la diaspora en vue de les convaincre d�investir pour assurer cette relance. Des d�marches seront entreprises, � cet effet, pour la cr�ation d�un Fonds d�investissement de la diaspora ha�tienne.

3.4 Am�lioration de l�acc�s aux services de base
3.4.1 S�curit� et Justice
L�objectif dans ce domaine est clair. Il nous faut reconqu�rir notre pleine souverainet�, et pour atteindre ce r�sultat nous devrons faire la Paix entre nous. Mon Gouvernement y consacrera tous les efforts voulus.
Il nous faudra pendant un temps encore utiliser l�appui des pays amis pour garantir la stabilit� de l��tat et la s�curit� des personnes. Cet appui devra nous permettre de professionnaliser la Police nationale d�Ha�ti, d�atteindre un niveau d�effectif suffisant et de la doter des moyens n�cessaires � l�exercice de ses fonctions.
Une Police efficace n�a de sens que si le syst�me judiciaire est en mesure de r�pondre ad�quatement aux besoins. En fait, c�est toute la probl�matique de la cha�ne p�nale qui est en jeu. Mon Gouvernement pr�conise une approche int�gr�e Justice/Police pour doter le pays d�un syst�me capable de garantir la s�curit� des citoyens, de lutter efficacement contre la contrebande, les narcotrafiquants et les bandes criminalis�es. La police doit aussi assurer le contr�le des fronti�res et l�immigration, d�fis consid�rables avec un littoral aussi grand que le n�tre.
Le Conseil Sup�rieur de la Police Nationale dont je suis le Pr�sident statutaire sera responsable de l�ensemble du programme S�curit� et Justice, y inclus la gestion de l�appui provenant de la MINUSTAH.
3.4.2 Sant�
Les insuffisances en mati�re de sant� et de nutrition sont des obstacles majeurs aux efforts de d�veloppement et de croissance. C�est pourquoi mon Gouvernement mettra l�accent sur des mesures pr�ventives et sur des soins de sant� primaires, sur la lutte contre les maladies infectieuses, sur la r�duction de la mortalit� materno-infantile et juv�nile. En particulier, mon gouvernement organisera des campagnes de vaccination de mase pour les nouveaux-n�s et les enfants d��ge scolaire,des projets intensifs d�hygi�ne seront mis en �uvre, notamment dans les sous-secteurs de l�alimentation en eau et de l�assainissement. Pour accro�tre l�acc�s gratuit aux soins de sant� pour les couches les plus d�favoris�es, mon Gouvernement multipliera les centres de sant� dans les sections communales et dotera d�un dispensaire -h�pital les communes non encore pourvues de cet �quipement collectif.

3.4.3 �ducation et formation

Dans le domaine de l��ducation, la politique de mon Gouvernement s�inscrit dans le cadre du Plan National d��ducation et de Formation. Il s�agira, apr�s �valuation des exp�riences d�j� lanc�es et d�finition dans la concertation d�une d�marche g�n�rale, d��tendre puis de g�n�raliser la mise en �uvre du programme de scolarisation universelle et d�alphab�tisation des adultes.
Il nous faut en m�me temps aider les parents les plus d�munis � faire face au fardeau du financement de l��ducation de leurs enfants. L�appui aux parents des �l�ves prendra en bien des cas la forme non seulement de la subvention, mais aussi celle de la distribution de manuels scolaires, d�uniformes et de petits d�jeunes ou de plats chauds dans nos �coles. Ces appuis � la scolarisation de nos enfants visera aussi � encourager la production nationale dans la mesure o� des groupes locaux seront, le plus possible, impliqu�s dans la confection des uniformes ou la fourniture des services dans le domaine des cantines scolaires.
Mon Gouvernement veut aussi s�attaquer aux probl�mes des ���l�ves sur�g�s�� qui engorgent le syst�me scolaire et l�emp�che de r�pondre ad�quatement aux besoins de la population en �ges de fr�quenter l��cole fondamentale. Il nous faut trouver une formule pour leur fournir une formation acc�l�r�e qui d�bouche �ventuellement sur une formation professionnelle susceptible de faciliter leur int�gration sur le march� de l�emploi.
L��cole fondamentale est certes une priorit� non discutable. Elle ne sera pas la seule pr�occupation du Gouvernement. Il faut former les cadres dont la nation a besoin pour assurer son d�veloppement. Il faut donc accorder toute l�importance requise � la r�novation du secondaire, � l�am�lioration de la comp�tence de nos ma�tres, � l�am�lioration de la condition enseignante, � la formation technique et professionnelle, mais �galement � la formation universitaire.
Bien conscient du r�le que doit jouer la production de nouvelles connaissances dans le d�veloppement d�une soci�t�, mon Gouvernement prendra des initiatives susceptibles de d�velopper une v�ritable culture de la recherche scientifique.
3.5 Am�nagement du territoire
L�am�nagement du territoire n�a pas re�u ces derni�res ann�es l�attention n�cessaire. La reconqu�te de notre pleine souverainet� sur le territoire national suppose une gestion proactive du patrimoine environnemental, une identification des vocations sp�cifiques des sols et un mode d�centralis� de d�cision permettant aux collectivit�s locales de remplir pleinement leur r�le dans une perspective de d�veloppement durable.

La politique que mon Gouvernement propose dans le domaine de l�environnement est �troitement reli�e au Plan d�am�nagement du territoire, � l�affectation des sols et aux politiques de mise en valeur des ressources naturelles du pays.
Des mesures urgentes s�imposent. Il faut stopper la d�t�rioration de nos terres agricoles et le ph�nom�ne de d�forestation.

3.6 Environnement, Eau Potable, et Assainissement
Notre politique sera proactive. Elle veillera � ce que le d�veloppement des activit�s n�cessaires se fasse de mani�re ordonn�e. Il faut donner aux instances concern�es les moyens de leurs politiques. Il faut aussi que l��tat soit un animateur pr�sent dans les diff�rents domaines de l�activit� �conomique pour assurer la viabilit� de l�environnement de notre pays.
Mon Gouvernement accordera une attention toute sp�ciale � la poursuite de la mise en �uvre du Plan d�action pour l�environnement (PNE) adopt� en 1999. Nous avons l�intention de renforcer le cadre juridique et r�glementaire de l�environnement, y compris la pr�paration de plans d�action environnementale, l��tablissement de r�glements et de syst�mes concrets d�incitations et de sanctions visant � promouvoir la pr�servation de l�environnement.
Offrir de l�eau de meilleure qualit�, en plus grande quantit�, am�liorer et augmenter les infrastructures d�assainissement, tel est l�objectif global � atteindre dans le cadre des OMD. A cette fin, mon Gouvernement prendra les mesures pour�:
1) r�organiser les institutions du secteur EAU POTABLE ET ASAINISSEMENT 2) augmenter le taux de couverture en eau potable de la population de 54% en 2002 � 70% en 2010 3) entreprendre des programmes de reboisement et de protection des bassins versants qui surplombent les sources d�approvisionnement en eau potable. 4) Assurer la collecte r�guli�re des r�sidus solides. 5) Augmenter le taux de couverture en assainissement de base gr�ce � une campagne intensive de constructions de latrines et d�autres infrastructures sanitaires. 6) D�velopper des m�canismes de communication visant l��ducation et la mobilisation des communaut�s locales.
Mon gouvernement pr�ne une approche d�centralis�e. La d�centralisation du processus de d�cision aux pouvoirs locaux qui sont plus proches des b�n�ficiaires, combin�e au renforcement institutionnel et financier n�cessaire, renforcera l�efficacit� d�ensemble de l�affectation des ressources. Construire un pays moderne ne serait qu�un slogan si nous ne parvenons pas � investir massivement dans l�avenir. Ce pays est � construire. Il a besoin d�un environnement sain, de routes, d��lectricit�, d�eau potable, d��coles, d�h�pitaux, de dispensaires, de ports et d�a�roports, d�infrastructures de communication, d�universit�s.
Conclusion
Voila, Honorables S�nateurs, l�ensemble des mesures que mon Gouvernement entend mettre en �uvre pour am�liorer le sort de nos concitoyens les plus d�favoris�s et pour cr�er les conditions de mise � niveau de notre pays en vue de lui permettre sinon d�atteindre du moins de se rapprocher sensiblement des principaux objectifs du mill�naire du d�veloppement � l�horizon de 2015.
Ce programme de gouvernement ne saurait �tre laiss� � sa seule initiative. Ce sont toutes les forces de la nation qui doivent mettre l��paule � la roue pour assurer sa r�alisation. Elus de tous les niveaux, responsables politiques et administratifs, secteur priv� et soci�t� civile par le truchement de leurs associations respectives, tous les groupes et tous les individus de l�int�rieur et de la diaspora doivent se sentir concern�s et doivent autant que possible s�impliquer dans sa mise en �uvre. C�est � une entreprise collective, � une combite nationale que je vous convie dont la strat�gie est ax�e sur le citoyen dans sa section communale, dans son quartier, dans sa commune, dans son d�partement. Bien s�r, le pilotage de ce programme est l�affaire du Gouvernement qui devra � l�occasion vous rendre compte et rendre compte � la nation de son �tat d�avancement.
Pour que le travail d��valuation soit ais�, chaque membre de ce Gouvernement disposera d�une feuille de route qui sera son tableau de bord dans l�ex�cution de ses politiques sectorielles et qui permettra d�en assurer le suivi.
De plus, ce programme comportera un agenda l�gislatif fort nourri tout au long des prochains mois et des prochaines ann�es. Ce sera, � c�t� de vos responsabilit�s de contr�le de l�action gouvernementale, votre contribution � sa mise en �uvre.
Ce programme de Gouvernement qui cible le court et le moyen terme doit aussi s�inscrire dans une vision plus large s��talant sur la longue dur�e, sur un horizon de 25 ans en vue de fournir les rep�res � long terme pour formuler des r�ponses pertinentes aux d�ficits structurels d�Ha�ti. Le document int�rimaire de strat�gie de r�duction de la pauvret� actuellement en consultation et le document de strat�gie d�finitive qui le suivra constituent deux �tapes importantes dans la formulation de cette ��vision sur 25 ans�� qui devra marquer une fois pour toutes notre volont� d�inscrire nos politiques et nos actions dans la continuit�, dans le dialogue et la recherche de consensus.
Comme je vous l�ai dit au d�but de mes propos et je vous le r�p�te�: nous n�avons plus droit � l��chec. Les cons�quences seraient trop lourdes � porter. Le pays ne peut plus se contenter d�esp�rer. Il doit enfin s�engager dans la voie qui le conduira � son d�veloppement.
JE VOUS REMERCIE DE VOTRE ATTENTION.

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