Institute for Justice and Democracy in Haiti

Mobilisation du 15 Juillet 2006, Lovinsky Pierre Antoine

Des organisations de base de Fanmi Lavalas
Juillet 15, 2006

A l�occasion de l�anniversairede de naissance du Pr�sident Jean Bertrand Aristide
D�fiant les men�es intimidatrices des Forces de l�ordre, tr�s t�t ce matin, une grande foule de personnes commen�a � se rassembler devant la r�sidence du Pr�sident Aristide � Tabarre. Les gens arrivaient de P�tion Ville et de ses environs, de tous les coins de Tabarre, de La Croix des Bouquets, de La Croix des Missions, de Butte Boyer, de la r�gion de l�A�roport �etc

Au m�me moment, la m�me situation se produisait devant le Th�atre National, devant l��glise Notre Dame du Perp�tuel Secours au Bel-Air, et au Carrefour de l�Aviation. Le 5e lieu de rassemblement initial, Cit� Soleil, divis� en 3 grands z�nes attendait l�arriv�e de la foule compacte qui venait, selon les consignes, de Tabarre avec en t�te Gwo Lobo en personne qui conduisait un mini mobile, sur lequel se trouvait tout le mat�riel de sonorisation, ainsi que des membres de la Cellule Nationale des Organisations Populaires: Base Fanmi Lavalas, dont: Jean Marie Samedi, le Coordonnateur National, Sony Or�lien, Ren� Civil.

On pouvait remarquer dans la foule d�autres membres de la Cellule comme Lesly Gustave, Danielle Jean Philippe, Deshommes Pr�sengloire, Fritz Mercius, Jude Laporte, Mathurin Floriant, Franky Chevalier, Getro�; d�autres cadres comme Jean Marie Plantin, Ph�lito Doran, Dufort Milord, Lamour, Marc Forest Cass�us�etc; des membres d�organisations des droits de l�homme comme Wilson M�silien, Gilbert Elm�us, Vaudrey Abellard ( Fondation Trente Septembre), Ronald Saint Jean CDPH/GDP (Comit� de D�fense des Droits du Peuple Haitien/ Groupe de D�fense des Droits des Prisonniers Politiques. Beaucoup d��pouses des prisonniers politiques �taient pr�sentes (GDP), ainsi que les candidats de Fanmi Lavalas pour les prochaines �lections municipales et locales de la z�ne m�tropolitaine de Port-au-Prince comme Roger Millien, Claudy Sidney, Gabriel Excellent, Dupiton Joseph, pour ne citer que ceux-l�. Aucun parlementaire �lu de Fanmi Lavalas pour la 48e l�gislature, n��tait pr�sent.

Plusieurs bandes � pied animaient le �Manman Pinmba�, c�est � dire, une plus grande foule encore, constitu�e de gens habitant Cit� Soleil, renforc�e par plusieurs milliers de gens qui sont arriv�s de Tabarre. Lorsque Lavalas quittait la cit�, pour regagner la rue, en direction du Bel-Air, c��tait comme une interminable chenille qui se d�tirait tout le long de la Nationale #1, depuis le R�servoir d�eau Principal de Cit� Soleil, construite par le Pr�sident Jean Bertrand Aristide, � la grande stup�faction des soldats de la MINUSTHA, qui se positionnaient pour photographier, en m�me temps qu�ils �taient, eux aussi, photographi�s, par des �l�ments de la foule soit avec des cam�ras photo, soit avec des cam�ras vid�o. On avait l�impression qu�il ne restait plus personne � Cit� Soleil et que toute la Cit� �tait dans la rue pour dire �Bonne Fete� au President Titid, leur Idole, leur Leader, leur Roi, disaient-ils.

La Cellule Nationale de R�flexion des Organisations Populaires : Base Fanmi Lavalas, avec l�encadrement d�une petite �quipe constitu�e de cadres de Fanmi Lavalas, qui vivaient en exil, avait lanc�, et planifi� cette grande mobilisation. La Cellule avait rempli toutes les formalit�s l�gales 5 jours � l�avance. La veille de la Manif, dans l�apr�s midi, une correspondance sign�e du Directeur G�n�ral de la Police Nationale, remise au local de la Fondation Aristide, si�ge provisoire de Fanmi Lavalas, et distribu�e � la presse, apprenait que les autorit�s polici�res exigeaient que:
1- La manif prenne fin � 1:00 h au lieu de 3:00 h.

2- La police a apport� des modifications au parcours de la Manif.

3- La Manif doit prendre fin devant l��glise Notre Dame du Perp�tuel Secours au Bel-Air et non devant le Palais National tel que pr�vu, discut� et accept� pr�c�demment.

Trois jours avant la manif et sans r�pit, les soldats de la MINUSTHA ont cr�� un climat de tension dans les quartiers de Cit� Soleil, de Pel�, de Simon�etc en tirant avec des fusils d�assaut partout et blessant plusieurs personnes. Il y eut un mort � Cit� Soleil et plusieurs bless�s graves parmis les soldats de la MINUSTHA, contingent br�silien bas� � Cit� Soleil, qui ont remplac� les Jordaniens. Les Br�siliens bless�s ont �t� transport�s d�urgence en R�publique Dominicaine pour �tre soign�.

Selon le nouveau Ministre de l�Int�rieur, le Professeur Paul Antoine Bien-Aim�, des rumeurs faisaient croire que des individus s�appr�taient � commettre des actes de violence au centre ville de Port-au-Prince, pendant la fin de semaine. En cons�quence le Ministre informe qu�il a pass� des instructions aux forces de l�ordre pour une intervention rapide en vue de maitriser et d�arr�ter tous les fauteurs de trouble. A la question d�un journaliste, au sujet de la manif des organizations de base de Fanmi Lavalas, il ajouta avec pr�caution : �Cependant, il ne faut pas confondre les groupes qui ont des revendications justes, avec des fauteurs de troubles qui ne jurent que par la violence.�

Nous avons �galement appris que de l�argent a �t� distribu� pour porter les bandes � pied de la capitale � se rendre � Saut d�Eau au lieu de rester � Port-au-Prince pour la fin de semaine. Sur la route de carrefour, par exemple, plusieurs groupes de camarades qui se rendaient � pied au Centre-Ville pour rejoindre le point de rassemblement devant le Th�atre National, ont �t� contraint par la police de rebrouser chemin, malgr� qu�ils fussent en possession d�une copie de la lettre (avec avis de r�ception) notifiant aux autorit�s la tenue de la manifestation.

En tout, selon les autorit�s plus de 2500 soldats de la MINUSTHA et de policiers Haitiens ont �t� mobilis�s pour la circonstance. Nous pensons que c�etait beaucoup plus pour intimider les manifestants que pour les prot�ger.

A plusieurs reprises tout au long du parcours, des chars blind�s et des camions de transport de troupes de la MINUSTHA, avec des soldats visiblement en position de tir, firent irruption dans la foule. Il y eut un mouvemnet de panique qui affecta un peu une partie de la foule dans le quartier du Bel-Air. Des individus isol�s ont tir� blessant un manifestant et les soldats de la MINUSTHA ont envoy� des grenades lacrimog�nes.

Cela n�a pas �branl� la foule qui fit fi des injonctions de la Police, passa devant Perp�tuel et continua sa route, imperturbable, en direction du Palais National. Avant l�angle des rues Montalais et Pav�e, o� se trouvait un barrage, constitu� de 2 autobus de la Police et des policiers de la Compagnie d�Intervention et de Maintien de l�Ordre (CIMO), la foule bifurqua vers la rue des Miracles pour �viter ce barrage. Elle s�est retrouv�e face � un autre barrage de policiers (une quinzaine) mont�s � bord de 2 Toyota Land Cruiser, � la rue Geffrard, angle de la rue Pav�e, qu�elle n�eut aucun mal � forcer. Un dernier et pas des moindres, a �t� le barrage qui se trouvait devant l�ancien Grand Quartier G�n�ral qui bloquait tout acc�s pour arriver devant le Palais National. Au moins 1500 soldats de la Force d�occupation de l�ONU et policiers Haitiens �taient d�ploy�s dans l�aire du Palais National. Encore une fois, avec sagesse, avec intelligence, la foule, sans violence et sans le moindre incident r�ussit � tromper la vigilance des forces de l�ordre, � passer et � arriver jusque devant les grilles du Palais National. L�, un message de circonstance a �t� d�livr� par le Porte-Parole de la Cellule Roody Pierre-Paul.

�Mision accomplie�, disaient certains.

�Victoire�, criaient d�autres.

� Men Lavalas-la, Men Lavalas-la. Sa-a se twok�t-la, Chay la d�y�,� r�p�taient d�autres, en chantant et � gorge d�ploy�e.

Cette premi�re manche pour la relance de la mobilisation stopp�e depuis le mois de Mai 2005 a �t� une v�ritable r�ussite avec plus de 700.000 � 800.000 personnes dans les rues.
Les revendications �taient les suivantes:

1- Retour imm�diat du Pr�sident Aristide,

2- Lib�ration imm�diate et sans condition des prisonniers politiques,

3- Cessation de la r�pression (reprise par les blancs et des groupes paramilitaires li�s au r�gime de facto), dans les quartiers populaires,

4- Lev�e des mandats d�arrestation ill�gaux et revanchards �mis par le gouvernement de pers�cution nationale Boniface/Latortue, � l�encontre de militants politiques de Fanmi Lavalas,

5- R�int�gration au niveau de la fonction publique, des employ�s ill�galement r�voqu�s,

6- Arrestation et jugement de ceux qui sont impliqu�s dans diff�rents massacres contre la population, assassinats de policiers, mise � sac et incendie de batiments publics et de commissariats de Police, avant et apr�s le 29 F�vrier 2004.

Pour ce Grand Jour les manifestants voulaient �galement souhaiter BONNE FETE au Pr�sident Titid. Beaucoup de pancartes et de banderoles avec des slogans: BONNE FETE Titid, BON RETOUR Titid �taient visibles sur tout le long du parcours.

La Presse Nationale et la Presse Internationale ont donn� une tr�s large couverture � cette activit�. Plusieurs Station de Radio de la Capitale ont retransmis en direct toutes les phases de la Manifestation. Les journalistes Haitiens se trouvant � Miami, � New-York, � Montr�al�etc n�ont pas cess� d�appeler au t�l�phone certains camarades, pour avoir des reportages.

Tous les membres de la Cellule Nationale de R�flexion des Organisations Populaires: Base Fanmi Lavalas et presque toute la petite �quipe travaillant au renforcement de Fanmi Lavalas, constitu�e de la Porte-Parole du President Aristide, Dr Maryse Narcisse et de plusieurs autres cadres de Fanmi Lavalas (Lovinsky Pierre-Antoine, Duclot B�nissoit, Euvonie G. Auguste, Paulette Joseph, Jean Yvon Kernizan, Gladice Delouis Simon) ont fait le parcours avec les manifestants. Il �tait 2:45 h p.m. lorsque, au nom de la Cellule, Roody Pierre-Paul mit fin � la Manif.

Une r�union d��valuation de cette grande activit� est pr�vue pour ce Lundi 17 Juillet 2006, et une Conf�rence de Presse Bilan sera donn�e le Mardi 18 Juillet 2006, au local de la Fondation Aristide pour la D�mocratie � Tabarre.

Lovinsky Pierre-Antoine

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