Institute for Justice and Democracy in Haiti

Former President Aristide Confirms Giving Mandate to Maryse Narcisse

Haitian Press Association

Port-au-Prince, le 25 novembre 2009 – (AHP) L’ancien président haïtien, Jean Bertrand Aristide, a confirmé mercredi qu’il est bel et bien l’auteur de la correspondance adressée au président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Gaillot Dorsinvil, mandatant le docteur Maryse Narcisse à représenter le parti dans les discussions avec CEP.

M. Aristide qui est également le représentant national  de  l’Organisation Politique Fanmi Lavalas a fait ces déclarations dans une interview exclusive à la radio privée Solidarité au lendemain de la décision prise par le Conseil électoral provisoire d’exclure sans raisons precises,  cette formation politique, en insinuant toutefois que la copie et l’originale de la lettre déposées par le docteur Narcisse au nom du président Aristide ne seraient pas authentiques.

L’ancien chef d’Etat qui vit en exil en Afrique du Sud depuis son départ forcé le 29 février 2004, affirme avoir écrit, signé et envoyé la lettre habilitant le docteur Narcisse à représenter Fanmi Lavalas auprès du CEP.

” Je le confirme  et  suis prêt à venir personnellement en Haïti resigner le mandat si cela s’avère nécessaire”, a-t-il fait savoir, soulignant toutefois que le laissez-passer du gouvernement haïtien nécessaire en pareille circonstance, n’est pas encore arrivé en Afrique du Sud.

Il y a longtemps, a-t-il dit, que son passeport diplomatique a expiré et tant que je n’aurai pas le laissez-passer du gouvernement haïtien je ne pourrai transiter par aucun autre pays pour rentrer chez moi, affirme le représentant national qui a paru jovial, détendu et serein tout au cours de l’interview qui a duré 50 minutes.

A propos du processus électoral dont beaucoup estiment qu’il est vicié à la base, l’ancien chef d’Etat a indiqué que tout dépend de la volonté du CEP.

“S’il veut organiser des élections je l’encourage et je suis prêt à prôner la collaboration mais s’il s’enfonce dans l’organisation d’une « sélection » comme ce fut le cas en avril et juin derniers, je l’encourage à se ressaisir, a dit M. Aristide,  ajoutant qu’il est plus grave de persister dans l’erreur que de l’avoir commise.

Il a souligné que  que le pays n’ira nulle part s’il n’y a aucune volonté politique pour faire respecter les principes électoraux.

Lors des dernières sénatoriales partielles, le vice-président d’alors, Rodol Pierre avait accusé le président (aujoud’hui éjecté) Frantz Gérard Verret, d’avoir falsifié les résultats et d’avoir permis à certains perdants d’accéder au Sénat

Jean Bertrand Aristide affirme vouloir contribuer à la tenue d’élections libres, honnêtes et démocratiques en Haïti, arguant qu’il y va de la santé du pays qui a besoin de s’engager réellement sur la voie  de la stabilité et des progrès économiques.

L’exclusion de la majorité ne peut être que néfaste pour la santé de la démocratie, a  dit l’ancien chef d’Etat, appelant les autorités concernées à  faire preuve de sagesse et d’intelligence pour permettre à tous les secteurs et tous les citoyens de participer aux affaires de leur pays et  d’accomplir leur  devoir civique.

Il dit croire qu’il n’est pas trop tard pour abandonner la voie de l’exclusion qui ne peut être que néfaste pour un pays qui a aujourd’hui  un urgent besoin  de paix pour se développer.

Jean Bertrand Aristide se dit également en faveur de la réconcliation authentique et se dit ouvert au dialogue avec tous les secteurs de la société haïtienne y compris  avec ceux qui ne pouvaient encore faire la différence entre ce qu’ils avaient et ce qu’ils ont aujourd’hui.

Je reste disponible pour le dialogue en Afrique du Sud où je suis obligé d’être jusqu’ici, a dit l’ancien president

Il a souligné que la situation de la majorité de la population s’est nettement détériorée depuis 2004. Les autorités n’ont aucun intérêt à vouloir créer de nouveaux problèmes politiques alors qu’ils sont incapables  de résoudre les problèmes socio-économiques auxquels le pays  est confronté, a-t-il conseillé.

Je ne veux pas critiquer le président René Préval pour le plaisir de critiquer mais il est clair que son bilan n’est pas positif, a insisté M. Aristide qui appele le chef de l’Etat à faire une halte pour  revoir sa copie.

Il a indiqué que si on ne peut pas changer la situation économique du pays en 24 heures, mais en moins de 24 heures, a-t-il dit, on peut prendre des décisions pour faire respecter les principes démocratiques.

Concernant les difficultés de l’exil, Jean Bertrand Aristide a fait savoir que “l’amour de mon pays me pousse à mettre en avant les souffrances de mes compatriotes même si là où je suis, il me peine  de ne pas pouvoir encore rentrer dans mon pays.

En ce qui a trait à son avenir, l’ancien president souligne qu’il  pas la folie du pouvoir. “Je veux seulement servir mon pays et rentrer pour le faire”, particulièrement dans dans le domaine de l’Education. M. Aristide prête ses services dans plusiers universités sud-africaines et est aujourd’hui docteur en langues africaines.

Il a fait savoir qu’il n’a aucune intention de continuer â être le représentant national de Fanmi Lavalas, et se dit prêt  à passer le maillet à un autre représentant national une fois qu’il sera sur place et que le congrès du parti sera organisé

Pour ce qui est de ses relations avec l’actuel président, René Préval, Jean Bertrand Aristide affirme n’être plus en contact avec son ex-premier ministre depuis son exil en février 2004. ” J’ai tout fait pour rester dans l’ombre  et permettre au président Préval de faire du bien pour son pays

Il a indiqué ” pour l’histoire”qu’après le premier coup d’Etat en 1991, il a fait l’objet de pressions pour le porter à abandonner son premier ministre d’alors, René Préval, qui s’était réfugié dans une ambassade à Port-au-Prince.  Je n’ai pas cédé à ces pressions. Je l’ai fait rentrer me rejoindre à Washington pour qu’il soit protegé.

Je serais prêt  à le faire aujourd;’hui encore si l’occasion se presentait,, a-t-il affirmé.

Pour ce qui est de la nouvelle plateforme politique presidentielle Unité, M. Aristide a indiqué qu’il s’agit d’une copie du CONAJEC, parti unique lancé par  Duvalier au début des années 80 pour tenter de faire  reculer l’avènement de la democratie.

Lespwa qui a lamentablement échoué et  Unité, c’est du pareil au même, a lancé l’ancien president qui rejette ” toute tentative de mélange avec Fanmi Lavalas.

“Fanmi Lavalas n’est pas au pouvoir depuis 2004. Elle attend aujourd’hui l’organisation d’élections libres, honnêtes et démocratiques pour le reconquérir et elle va travailler avec d’autres secteurs car il est impensable de croire qu’on peut diriger seul”.

Quant aux  membres de Fanmi Lavalas pressentis pour être candidats sous la bannière de la nouvelle plateforme présidentielle , Jean Bertrand Aristide a dit: je respecterai leurs droits même si je les encouragerais à ne pas emprunter cette route.

L’ancien president s’est enfin déclaré reconnaissant envers l’Afrique du Sud qui l’accueille  même si les autorités haïtiennes n’ont rien fait, a-t-il dit, pour manifester leur gratitude envers ce pays.

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