Institute for Justice and Democracy in Haiti

Solidarity Platform of Female Citizens of Haiti (French)

53 women’s organizations from across the departments of Haiti join together:

[gview file = “http://ijdh.org/wordpress/wp-content/uploads/2010/04/PLATFORM-FEMMES-CITOYENNES-document-de-travail-17-1.03.10.pdf”]

FOR EQUALITY BETWEEN WOMEN AND MEN

FINALLY INTEGRATED WITH VISION AND ACTION PLANS FOR

A NEW HAITI

Work document

March 17, 2010

ABOUT LIMINARS

This document, dated March 17, 2010, is still subject to consultation, both internally and externally, by the Platform Femmes Citoyennes Haiti Solidaire. These consultations will lead to the production of a final document by 26 March 2010. This working document is distributed with the aim of enriching, immediately, reflection on the issue of women and reconstruction. / refoundation, and to collect contributions to improve the proposals.

INTRODUCTION

On a fund of humanitarian disaster of an unprecedented scale in the history of humanity, a group of Haitian women’s organizations tries, through the presentation of these specifications, to help bridge the gap between the level of aware of the plight of Haitian women since the earthquake of January 12, 2010, the actions and measures so far taken by decision makers, state and the international community to accompany them on the path of acquisition of a substantial citizenship.

Because it has come time to move from words to deeds.

Promoting the integration of women’s participation in the definition and implementation of reconstruction faces many obstacles and constraints. Among these :

· The low presence of women in decision-making positions;

· Lack of knowledge and / or non-recognition by the decision-making partners of the majority of interlocutors involved in the promotion of equality between women and men and the struggle for women’s economic empowerment;

· The multiplication, on the way of the conception and the elaboration of the documents of policies and programs, of human obstacles to a wide and consistent taking into account of the reality and the needs of the Haitian women, in particular those of the women coming from the disadvantaged sectors;

· For the responsible authorities, the lack of accountability, in terms of their effective consideration of the practical needs and strategic interests of Haitian women.

The main elements of the vision that this document wishes to share are the following:

· The reconstruction / refoundation of Haiti must seek viable solutions to structural problems that negatively affect social relations, especially those between the sexes. The definition and implementation of these solutions can not save the citizen consultation, social mobilization and coordination of actions of all stakeholders;

· New living environments for the displaced need to be thought of as Villages of Life, in which the status of privileged manager of women must be recognized from their establishment. Similarly, the sedentary inhabitants of the affected districts must be recognized as privileged partners of the State for the definition of neighborhood projects. Appropriate social security strategies, access to social services and appropriate urban infrastructures are essential conditions for a successful territorial policy.

· In the perspective of decentralization, specific means must be deployed to rebuild / strengthen trust between actors, and productive links between local governments and populations. The creation of forums for dialogue and the exercise of critical, proactive citizen freedom, combining mobilization and social intermediation, including negotiation, is the precondition for such an undertaking. These spaces will promote the learning of local democracy and the rules of urban governance through the creation of community dialogue;

· The organized groups of the affected districts and villages of life will register their participation in the new social project through the organization of the defense of the interests of the disadvantaged social groups and / or in difficulty, with the following plans:

o Local development – development of their community;

o Self-organization – self-management;

o Seeking social justice and equity, self-regulation, transparency and democracy in the management of activities and services, particularly in the areas of the environment and urban governance;

o Seeking ways for productive and empowering registration in the economic recovery.

GENERAL RECOMMENDATIONS

· That a national multisectoral policy for the advancement of women in the context of reconstruction be adopted and implemented without delay;

· That a national reconstruction policy be adopted and implemented integrating all the components of the national multisectoral policy for the advancement of women;

·         Que soit élaboré un budget de reconstruction sensible au Genre, explicite quant aux investissements qui seront consacrés au relèvement des femmes, à la réduction de leur pauvreté et au renforcement de leur autonomie;

·         Que des directives opérationnelles soient prises afin de garantir une représentation équitable des femmes à tous les niveaux de la conception, de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des politiques, programmes et chantiers de la reconstruction ;

·         Que des directives opérationnelles soient établies afin de garantir l’intégration des spécificités hommes/femmes, l’égalité et la participation dans la définition, la planification, le suivi et l’évaluation de chacun des programmes de reconstruction, projets d’investissement et initiatives de développement local. ;

·         Que soient définis des mécanismes de suivi / évaluation continus de l’impact du programme de reconstruction sur les femmes et de réajustement de ces programmes en fonction de leur impact sur les femmes;

·         Que les instances étatiques en charge de la reconstruction publient régulièrement le bilan de leurs actions en matière de participation des femmes à la reconstruction ainsi que le bilan consolidé de leurs partenaires internationaux en la matière ;

·         Que l’ensemble des intervenants (Agences de coopération internationale, ONG, associations, organisations et groupements) soient tenus de publier et de donner publicité à leurs politiques et plans d’action relatifs à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’accès des femmes aux ressources de la reconstruction.

·         Que les partenaires bailleurs de fonds soient tenus de mettre en œuvre, sans délais, leurs politiques relatives à l’égalité entre les hommes et les femmes, à partir d’une approche équitable et en prenant compte les différentes catégories touchées, directement et indirectement, par le séisme du 12 janvier 2010.

·         Que soient crées des instances de recours administratifs opérationnels et efficients, sur tous les plans, afin que soient, enfin, rendus substantiels, les droits acquis des femmes inscrits dans la législation.

·         Qu’il soit accordé une attention particulière aux groupes plus vulnérables, notamment les femmes handicapées, orphelin(e)s, monoparentales, décapitalisées, sans terres, atteintes du VIH-Sida ou d’autres maladies débilitantes dans la définition et la mise en œuvre des différents aspects du programme de reconstruction.

·         Que soit donnée une priorité absolue à l’autonomisation des femmes handicapées, particulièrement les femmes monoparentales et à la prise en charge, aux soins, à l’encadrement et au suivi des orphelines.

·         Que soient tenus sur une base semestrielle des États généraux sur les femmes et la reconstruction sur la base représentative des femmes de tous les secteurs de la société.

·         Que soit favorisées la réalisation d’enquêtes et la création de bases de données sur les secteurs prioritaires pour les femmes.

·         Que soit mise en place une politique d’information multisectorielle à l’intention des femmes.

Chapitre 1 – DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL

·         Aménagement du territoire

·         Que la vision des femmes soient intégrées dans le processus de définition des plans d’aménagement du territoire, par la consultation citoyenne, particulièrement aux plans :

o    D’un développement durable intégrant les besoins pratiques et intérêts stratégiques des femmes ;

o    De la mobilité des femmes ;

o    De la sécurité des femmes.

·         – Que les femmes soient invitées à participer à la définition des plans d’aménagement urbains, notamment à la localisation spatiale des infrastructures de base et équipements collectifs desservant les femmes et leurs familles.

·         Déconcentration / Décentralisation

·         Qu’il soit mis en œuvre une campagne de promotion auprès des femmes pour la mise en place de structures de gouvernance décentralisées ;

·         Qu’une politique du développement de l’emploi des femmes et d’accès aux services sociaux de qualité soit mis en œuvre au plan local ;

·         Renforcer les capacités des femmes à participer aux compétitions électorales pour une participation aux gouvernements locaux ;

·         Gestion du foncier

Dans un contexte favorisant une pression renforcée sur les ressources foncières :

– Que l’État assure l’accessibilité de l’information et des appuis juridiques nécessaires à garantir le plein droit à la propriété et à l’héritage des femmes.

– Que l’État structure un réseau de surveillance des commis de l’État intervenant dans l’application du droit à la propriété et à l’héritage, définisse, applique et donne publicité aux sanctions qui seront prises à leur encontre dans les cas de non respect de ces droits.

·         Gestion des bassins versants

·         Garantir l’accès égal des femmes aux travaux de protection des bassins versants ;

·         Intéresser les femmes aux filières agricoles propres à contribuer à la protection des bassins versants ;

·         Mettre en place des programmes d’appui à l’entreprenariat des femmes dans les filières porteuses et fiables au plan environnemental.

Chapitre 2 – INFRASTRUCTURES

·         Logement

·         Que les programmes de logement dans les quartiers sinistrés soient définis par l’État en partenariat avec les comités de citoyen(ne)s des quartiers sinistrés, sur base d’une participation équitable des femmes ;

·         Que les espaces de regroupement des populations sinistrées et déplacées soient conçus, en partenariat entre l’État et ces populations, comme de véritables Villages de vie offrant l’accès aux services sociaux et à des espaces de vie communautaire,  ce sur base d’une participation équitable des femmes ;

·         Que les responsabilités traditionnellement assumées par les femmes au plan de la gestion des milieux de vie soient concrètement pris en compte dans la conception des systèmes de gestion des quartiers et villages de vie ;

·         Dans un contexte de faiblesse des cadres et recours légaux en matière de protection des droits à la propriété des femmes, que les politiques d’aide au logement soient définies en fonction de la protection du droit à la propriété des femmes, principales responsables de la reproduction de la famille, dans un contexte où les familles monoparentales ayant une femme à leur tête sont fortement majoritaires ;

·         Que les affectations de logements hors site  soient soigneusement définies par l’État en partenariat avec les citoyennes des quartiers sinistrés, en tenant compte des relations d’entraide et de survie qu’entretiennent les femmes dans les quartiers populaires ;

·         Qu’il soit créé pour chaque région un office et une banque de logement travaillant conjointement avec des associations de femmes pour résoudre les problèmes relatifs actuels.

·         Infrastructures urbaines

·         Que la disponibilité et la qualité des infrastructures urbaines à usage domestique (eau, eau potable, centres de distribution de gaz propane, dispositifs de livraison de proximité du gaz propane, etc.) soient des priorités dans les plans de la reconstruction, tant au niveau des quartiers que des villages de vie provisoires et permanents ;

·         Que les femmes soient parties prenantes des décisions sur les plans d’aménagement des infrastructures urbaines ;

·         Qu’il soit donné aux femmes des zones rurales surtout, l’opportunité de produire leur gaz naturel à partir des déchets organiques et d’utiliser d’autres énergies alternatives sans couts récurrents à travers une politique nationale d’énergie ;

·         Que les femmes aient un accès égal aux emplois créés par les chantiers relatifs aux infrastructures urbaines ;

·         Que des programmes de formation intensive en milieu de travail soient définis et initiés afin de permettre aux femmes d’acquérir les compétences et qualifications nécessaires à une inscription durable dans les milieux de travail traditionnellement non féminisés.

·         Qu’il soit créé des centres de débouchés pour les femmes des zones rurales et urbaines qui se chargeraient d’orienter leur formation et les informer des opportunités d’emploi.

·         Transport

·         Que les mesures de protection et sanitaires adéquates soient prises pour sécuriser les gares routières, et mettre un point d’arrêt aux pratiques d’extorsion par des bandes organisées dont sont systématiquement victimes les commerçantes dans les grands centres urbains ;

·         Que soient instaurés des comités mixtes de gestion des gares routières et que soit garantie la participation des usagères à ces comités de gestion.

·         Énergie

·         Que soit mise en place une politique durable de subventionnement d’une énergie de cuisson correspondant aux urgences environnementales et des équipements correspondants ;

·         Que soit favorisée la production locale d’énergies alternatives.

·         Télécommunications

·         Promouvoir l’accès des femmes aux nouvelles technologies de communications en appui à leurs activités commerciales, agricoles et industrielles, notamment pour la recherche de partenariats, d’opportunités d’affaires et de développement de marchés.

·         Promouvoir l’entreprenariat solidaire des femmes dans le secteur des télécommunications.

·         Infrastructures communautaires

·         Création de centres d’hébergement pour femmes victimes de violence en nombre correspondant aux besoins ;

·         Création de centres de réhabilitation et d’insertion des personnes handicapées ;

·         Création de cybercafés d’affaires ;

·         Construction d’infrastructures de conservation agricole et de commercialisation d’intrants agricoles.

·         Création de banques régionales d’outils, d’engrais et semences.

·         Création de banques régionales agro-industrielles

Chapitre 3 – SERVICES SOCIAUX

·         Éducation

Recommandations générales

– Que le protocole signé entre le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes et le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle soit révisé en fonction de la nouvelle situation et reçoive les appuis nécessaires à son effectivité.

– Que l’ensemble des mesures préconisées dans le cadre de la stratégie « Éducation » soit mis en œuvre sur la base du principe de l’égalité entre les hommes et les femmes.

o    Que la stratégie « Éducation » se donne comme un de ses axes prioritaires le renforcement de l’autonomie des femmes à travers le renforcement de leur accès à l’éducation, à la formation, aux ressources et moyens de production.

o    Que la stratégie « Éducation » promeuve un système d’éducation et de formation qui place au centre de sa mission l’éducation à l’égalité citoyenne, , à l’égalité entre les hommes et les femmes, au respect des droits humains, notamment ceux des handicapé(e)s et généralement au respect de la dignité humaine.

o    Que l’interface du MENFP s’étende à des comités de parents, de citoyens, à des organisations de femmes de tous les secteurs sociaux, aux associations dédiées à la réhabilitation et à la défense des handicapé(e)s, sans exclusion des secteurs populaires ruraux et urbains.

Accès à l’éducation et à la formation dans des conditions respectant les droits des personnes

o    Qu’un train de mesures d’urgence soit défini afin de répondre aux besoins les plus pressants des femmes et des filles aux plans du renforcement de leurs accès à l’école fondamentale et secondaire, et de l’amélioration de leurs conditions d’apprentissage, notamment :

§  Lutte contre la corruption et la vulnérabilité sexuelles des filles dans le système éducatif.

§  Structuration de recours institutionnels en matière de violation des droits des filles et des femmes et des personnes handicapées dans le système éducatif.

§  Constructions de bâtiments scolaires accessibles aux personnes handicapées.

§  Équipements adaptées aux personnes handicapées.

§  Formation du personnel enseignant et de gestion aux droits humains, extension du mandat des inspecteurs scolaires et leur formation à la conduite d’investigations et d’enquêtes de proximité sur le respect des droits des filles dans le système scolaire et de formation professionnelle, réalisation d’enquêtes proactives et sur les cas allégués de violation des droits des filles dans le système scolaire et de formation professionnelle, appui juridique aux plaignant(e)s, publicisation des sanctions prises à l’encontre des fautifs.

§  Structuration, avec l’école et le centre de formation pour centres et coordonnateurs, de réseaux de vigilance et d’accompagnement pour le respect des droits des enfants impliquant les différents acteurs des communautés (autorités étatiques et gouvernementales, associations, églises, temples et lakou vaudou, ONG, etc.) et formation des acteurs du réseau à l’identification et l’accompagnement des victimes de violences et d’abus ainsi que les potentielles victimes de la prostitution juvénile.

§  Réalisation d’une enquête nationale sur le respect des droits des filles et des femmes à l’éducation et à la formation et le respect de leurs droits dans le système d’éducation et de formation.

§  Dans l’objectif du maintien des filles à l’école et de la prévention de la déperdition scolaire et de la prostitution juvénile, définition d’une politique visant les jeunes femmes de 12 à 18 ans connaissant des contraintes financières pour poursuivre leurs études, comprenant un système de bourses, un accompagnement psychosocial et à l’employabilité ainsi que des actions de sensibilisation de leur environnement.

§  La révision des curriculums et manuels de formation en regard des stéréotypes sexuels à l’égard des filles et des femmes.

§  La promotion de la prise en compte, par le système éducatif, des conséquences de la socialisation différenciée des filles et des garçons sur les conditions de scolarité des filles.

Renforcement de l’accès à la formation technique, professionnelle et à l’éducation des adultes

§  La mise en œuvre d’une campagne d’information et de sensibilisation auprès des écolières et étudiantes sur les professions porteuses dans lesquelles les femmes sont absentes ou très minoritaires et sur les nouveaux métiers découlant des nécessités mises à jour par le séisme du 12 janvier 2010.

§  La définition d’un programme de réorientation professionnelle des femmes dont les capacités d’exercer leur profession a été affectée par le séisme du 12 janvier 2010.

§  L’application d’une politique de parité dans la fréquentation des centres de formation professionnelle et technique et des programmes d’éducation des adultes.

§  L’habilitation des centres de formation technique et professionnelle à recevoir une clientèle mixte, et des apprenant(e)s handicapées.

§  La définition et la mise en œuvre d’une réforme nationale des centres d’enseignement ménager afin de les réorienter vers la livraison de formations utiles au développement de l’économie nationale et correspondant aux intérêts stratégiques des femmes, notamment celui d’être formées pour une intégration dans les secteurs porteurs de l’économie.

§  La sensibilisation et la formation des partenaires privés et associatifs impliqués dans la formation des femmes afin de les habiliter à les orienter vers des secteurs porteurs du marché du travail et de l’économie.

§  La conception et la mise en œuvre d’un programme d’accompagnement pour l’emploi des étudiantes issues des secteurs les plus vulnérables de la population, notamment les handicapées et orphelines.

§  La révision des curriculums et les manuels de formation en regard des stéréotypes sexuels à l’égard des filles et des femmes.

§  Que l’éducation à l’égalité soit intégrée au cursus de formation de tous et toues les intervenant(e)s dans le secteur.

Renforcement de l’accès à l’éducation supérieure

La mise en œuvre d’une campagne d’information et de sensibilisation auprès des écolières et étudiantes sur les professions porteuses dans lesquelles les femmes sont absentes ou très minoritaires.

L’application d’une politique de parité dans la fréquentation des centres de formation professionnelle et technique et des programmes d’éducation des adultes.

La mise à contribution du secteur privé pour la mise en œuvre d’un programme d’accompagnement pour l’emploi des étudiantes issues des secteurs les plus vulnérables de la population et des handicapées.

The revision of curricula and training manuals with regard to gender stereotypes for girls and women.

The integration of equality education into the training curriculum of all sector workers.

·         2.4. Promoting equality between men and women and preventing early pregnancy and sexually transmitted diseases

2.4.1. The integration into curricula and school and extracurricular activities of information and awareness-raising activities at national level:

Human rights and legislation

Equality between men and women

Discrimination

Sexuality, procreation, the sick

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