Institute for Justice and Democracy in Haiti

The Weary Homeless/Le ras-le bol des sans-abri (French and English)

By Claude Bernard Sérant, Le Nouvelliste

(English Translation Below)

Des sans-abri persécutés dans les camps d’hébergement ont tenu un sit-in aux abords du Palais national. Au cours de ce rassemblement clairsemé les manifestants ont fait entendre leur voix.

Haïti: Une centaine de sans-abri, encadrés par les organisations de droits humains et d’associations de femmes, ont réalisé un sit-in près du Palais national le jeudi 12 août pour exprimer leur ras-le-bol contre le gouvernement en place. « Nous n’allons pas accepter cela. A Cité Soleil, des bandits armés ont forcé environ 200 familles à quitter la place Immaculée. Ils nous ont dit que ce site est une zone stratégique. Nous avons dû nous réfugier contre notre gré, à Michico sur un terrain boueux infesté de bêtes nuisibles qui peuvent nous rendre malades », fulmine le coordonnateur général du Camp Place Immaculée Déplacée, Joseph Rosemond. Avant le 12 janvier, il habitait à Boston, un quartier de ce vaste bidonville.

« L’État est sans pitié pour nous. Notre site, regorge d’estropiés, plusieurs handicapés, cette situation ne préoccupe personne. Sur la place Immaculée, ma fille a été violée, mes deux jeunes fils battus. On vit sous pression à Cité Soleil », peste Jean Vernio, tout en brandissant sa pancarte sur laquelle est inscrite sa principale revendication qui est le droit à un logement décent.

Les lèvres collées au micro d’un mégaphone, la représentante de l’organisation Femmes victimes pour les victimes, Joseph Delourdes, mobilise le rassemblement clairsemé des sans-abri qui s’agitent dans les parages du Palais national, un symbole que le séisme du 12 janvier a mis à genoux.

« Nous sommes fatigués. Nous avons organisé ce sit-in devant le Palais pour dire au gouvernement que sa façon de procéder n’est pas correcte. Ce n’est pas juste d’envoyer les gens déchirer nos tentes en pleine nuit. Ce n’est pas normal d’emporter nos tentes et de les briser. Nous voulons prendre au mot le président René Préval. Il avait dit qu’il n’allait pas nous déplacer ainsi », signale-t-elle au milieu du vacarme que produit un disc-jockey monté sur un char.

Maison détruite, sans toit, sans emploi, Joseph Delourdes, une mère de famille parmi le petit groupe de manifestants, est furieuse : « Nous n’irons pas aux élections dans des conditions pareilles. Nous vivons sous des tentes, on nous viole. Pour qui nous prend-on ? Nous autres, femmes, n’avons-nous pas droit au logement ? »

Un logement décent pour tout citoyen

« L’État reconnaît le droit de tout citoyen à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à la sécurité sociale. C’est l’article 22 de la Constitution qui le dit », déclare, le visage ruisselant de sueur, Me Mario Joseph devant un barrage en fer forgé où sont postées les forces de l’ordre.

Me Joseph ne mâche pas ses mots. Il fustige les représentants de l’État chargés de servir la République. Il ne va pas de main morte non plus avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les juges de paix qui, selon lui, sont à la solde des « propriétaires terriens » sur qui pèsent des doutes relatifs à leur droit de propriété. « Au temps des Duvalier, beaucoup de gens avaient accaparé de vastes terrains. Pour le moment, ils essayent par tous les moyens de déguerpir les sans-abri. Aussi arrosent-ils la police et les juges de paix. Il faut une vérification des titres de propriété », dit l’homme de loi.

Questionné sur les preuves que des représentants de l’État ont menacé de déguerpir les sans-abri, l’avocat répond : « La PNH et les juges de paix véreux se sont présentés sur les lieux et ont fait signer des sinistrés, tout en leur demandant de déguerpir. Ces actions se sont passées surtout à Delmas. Les agents de la PNH sont venus avec des armes lourdes. » Qui a passé ses ordres ? Il persiste et signe : « Inévitablement une autorité supérieure. Il y a eu pression. J’ai des preuves. Les 16 et 24 juillet, la BIM s’est rendue sur le site de Barbancourt II sur la route de l’aéroport. Les policiers étaient au nombre de vingt-quatre. Toutefois la population a résisté. Mais, Cité Soleil, ils n’ont pas eu de résistance, les sinistrés ont vidé les lieux. La police ne doit pas être à la solde des bourgeois pour menacer la population. Elle est là pour protéger et servir. »

Pour conclure, Me Joseph fait savoir que le Bureau international des avocats, organisation qu’il représente, a déjà mobilisé 400 avocats internationaux pour se pencher sur le dossier des sans-abri persécutés dans les camps d’hébergement.

English Translation by Google:

Homeless persecuted in the camps housing held a sit-in around the National Palace. During the rally sparse protesters made their voices heard.

Haiti: One hundred homeless, framed by human rights organizations and women’s associations, conducted a sit-in near the National Palace Thursday, August 12 to express their flush to the teeth against the government in . “We will not accept that. In Cité Soleil, the gunmen forced 200 families to leave the place immaculate. They told us that this site is a strategic area. We had to take refuge against our will, Michico on a muddy field infested with vermin that can make you sick, “thundered the general coordinator of the Displaced Camp Place Immaculate Joseph Rosemond. Before January 12, he lived in Boston, a neighborhood of this sprawling slum.

“The State has no pity for us. Our site is full of cripples, many disabled, this situation does not concern anyone. On the place immaculate, my daughter was raped, beaten my two young son. We saw pressure in Cité Soleil, Jean Vernio fever, while brandishing his placard on which is inscribed his main demand is the right to decent housing.

The lips glued to the microphone of a megaphone, the representative of the organization Women Victims for Victims, Joseph Delourdes, mobilizes the sparse gathering of homeless people moving about in the vicinity of the National Palace, a symbol of the earthquake January 12 was brought to its knees.

“We are tired. We organized the sit-in outside the palace to tell the government that its approach is not correct. This is not fair to send people tear our tents at night. This is not normal to take our tents and break them. We want to take the word President Rene Preval. He said he did not get around well, “she points out in the mist produced by a disc jockey riding a chariot.

House destroyed, homeless, jobless, Delourdes Joseph, a mother among the small group of protesters, is furious: “We will not go to elections under such conditions. We live in tents, they rape us. Who we are being taken? We, women, do we not entitled to housing? ”

Decent housing for all citizens

“The State recognizes the right of every citizen to decent housing, education, food and social security. It is Article 22 of the Constitution says, “says, his face dripping with sweat, Mario Joseph in front of a wrought iron barrier where the posted law enforcement.

Mr. Joseph does not mince words. He chastises the state officials charged with serving the Republic. He does not pull his punches either with the National Police of Haiti (PNH) and the justices who he said were in the pay of “landlords” against whom doubts regarding their property rights. “At the time of Duvalier, many people had captured vast lands. For the moment, they are trying by all means clear out the homeless. So they watered the police and magistrates. It is a verification of deeds, “said the lawyer.

Questioned on the evidence that state officials have threatened to clear out the homeless, counsel replied: “The HNP and corrupt justices appeared on the scene and have caused the disaster, while their asked to move. These actions have increased especially in Delmas. The HNP officers came with heavy weapons. Who has spent his orders? He confirmed and signed: “Inevitably a higher authority. There was pressure. I have proof. 16 and July 24, BIM visited the site of Barbancourt II on the road to the airport. The police there were twenty-four. However, the population resisted. But, Cité Soleil, they have no resistance, the victims have emptied the place. The police should not be in the pay of the citizens to threaten the population. She is there to protect and serve. ”

In conclusion, Mr. Joseph said that the Bureau of International Lawyers, an organization he represents, has already attracted 400 international lawyers to address the issue of homeless people persecuted in the camps hosting.

Claude Bernard Serant

serantclaudebernard@yahoo.fr

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