Institute for Justice and Democracy in Haiti

Analyse et Com­men­taire du 35ème Rap­port sur la Vio­lence dans la Zone Mét­ro­pol­i­taine (Commission Episcopale Nationale Justice et Paix)

Par Secrétariat national, CENJP

Avril dela Juin 2010

La violence continue son chemin!

Le climat d’insécurité que connaît la zone métropolitaine tend à prendre une forme inquiétante où la porte de sortie se trouve loin d’être certaine eu égard aux préoccupations des citoyens.  Car les bandits de tout acabit brouillent incessamment la carte de sécurité montée par la police nationale et la MINUSTAH.

Regardons un instant les chiffres de ce rapport (page 9) ; ils démontrent que la violence est en progrès.  Au mois de juin 2010, la Commission a enregistré 103 cas de mort violente.  Surtout la violence par balles augmente.  60 % des victimes de la violence (c’est-à-dire 64 cas) sont des victimes des armes à feu.  Cela signifie qu’il y a plus de deux assassinats par arme à feu par jour dans la zone métropolitaine.

Le séisme du 12 janvier a permis à plusieurs bandits jugés dangereux de s’évader de la prison.  Et peu de temps après les gangs ce sont reconstitués dans plusieurs endroits de la capitale comme : Cité Soleil, Fontamara, Carrefour, Cité de Dieu, Lasaline, Martissant, Pétion ville et autres.  Au point où leur influence se fait sentir grandement dans la sphère de l’activité socio économique mais surtout les gens qui effectuent des transactions bancaires dans la zone métropolitaine.  Des opérations ont été menées par les forces de l’ordre pour traquer les bandits, avec des résultats mitigés.  La question de la présence des armes à feu revient à chaque instant.  Les questions qu’on se pose sont:

1.                   Est-ce que les membres de gangs ont toujours l’opportunité de pénétrer le plan de sécurité de la police nationale ?

2.                   Qui canalise les armes au milieu des gangsters ?

3.                   Est-ce que la Police nationale manque de professionnalisme ?

4.                   Est-ce que la Police nationale souffre d’un déficit d’information ?

5.                   Pourquoi cette absence d’une police de proximité dans les zones commerciales et près des banques où les bandits prennent le malin plaisir à dépouiller les citoyens comme bon leur semble ?

6.                   Peut-on parler de complication pour que les autorités policières assurent  la sécurité de manière à contrôler ce climat d’inquiétude dont vivent les citoyens quotidiennement?

Bon nombre de personnes sont victimes, ils sortent blessées ou décédées à leur sortie de banque par des bandits circulant à moto ou bien poster dans les parages. Aucune réaction policière n’est visible.  Comme résultat, les citoyens font peu de confiance aux déclarations faites par le commandement de la PNH, jugeant  somnolentes.

La réactivation en force des gangs armés dans plusieurs zones de la Capitale

Le samedi 5 et dimanche 6 juin 2010, à Cité Makout, banlieu de Martissant, un affrontement terrible a eu lieu entre deux gangs rivaux, lors d’une animation musicale. Il y eu 7  morts et plusieurs blessés grave ; mais au cours du trimestre il a eu déjà 11 personnes tuées dans la mème zone.

A Cité Soleil, la terreur semble revenir dans les quartiers de Boston, Bélékou et Brooklyn.   Selon les témoignages des habitants, des cas de vols, viols et assassinats ont eu lieu et on dénombre 23 morts par balles dont un enfant de 9 ans.  Une religieuse, Sœur Elena Printemps a été tuée quand des individus ont ouvert le feu sur le véhicule à bord duquel elle se trouvait.  Elle est décédée sur le champ.

Selon monsieur Rosemond Aristide, responsable du commissariat de Police de Cité Soleil, des évadés de prison ont pris refuge dans les quartiers de Cité Soleil après le 12 janvier.  Les groupes armés tenteraient de s’organiser avec des évadés à leur tête ; des criminels condamnés disposeraient des armes de gros calibres.

Au Boulevard Lasaline, la situation devient de plus en plus difficile pour les usagers.   Attaques armées, vols et assassinats ont eu lieu, particulièrement aux abords des stations d’autobus. L’état physique de la zone et les interminables blocus jouent en faveur des gens malintentionnés. On a observé 11 personnes tuées par balle et 3 autres décédees dans des accidents de la route.

A Pétion Ville et dans ses hauteurs, les bandits semblent toujours gagner : kidnappings, assassinats, braquages et vols se font en toute quiétude.  La peur anime les citoyens ; les forces de l’ordre ne semblent disposer d’aucun plan pour apporter de vraie solution face à ces malfras qui tuent, pillent et traumatisent.

Les réseaux criminels continuent à privilégier la moto comme moyen de déplacement rapide.  Les policiers souvent à pied ou à bord d’un véhicule ont toutes les peines du monde à remonter la piste des criminels après leur forfait.

Le braquage à répétition sur des citoyens par des bandits armés

Le constat est patent dans plusieurs zones, et plusieurs citoyens ont porté témoigne du fait où plusieurs bandits, à visage découvert ou bien cagoulés, ont fait irruption à l’intérieur de leur maison pour emporter de l’argent et d’autre objet de valeur.

Des actes du genre ont lieu le jour comme la nuit, sans difficulté.  Au cours du mois de mai, la situation était plus que difficile dans plusieurs rues de Martissant, dans des zones de Carrefour et dans toutes les zones de Fontamara.  Un citoyen habitant à la rue Romulus, Martissant 7, a été dépouillé vers 3 :00 PM, par 6 individus non identifiés, d’abord devant sa maison ; ensuite ils ont pénétré à l’intérieur pour prendre d’autres objets importants.  Encore, dans la même rue, le mercredi 23 juin 2010, à 1 :00 PM, des bandits non identifiés ont escaladé un mur pour pénétrer les maisons des gens du quartier, c’est grâce à la vigilance de certains, qu’on a pu éviter le pire avec des jets de bouteilles.  Des cas semblables se sont présentés à Nan Delwi, La Rochelle, Anba Mapou, banlieux de Fontamara et d’autres zones du Sud de la Capitale, où il y a des jours, on dirait qu’il y a un couvre feu décrété : les habitants rentrent de très tôt chez eux pour éviter d’être malmenés par des bandits sans foi, ni loi.

Le phénomène des braquages à répétition à travers de la zone métropolitaine, est dû à une absence évidente des patrouille de police et par manque d’un service d’information efficace au sein de l’institution policière.  Ces situations sont sources de stress pour les citoyens et ont des conséquences néfastes sur leur santé.  Il est grave de voir rentrer chez soi des bandits armés en toutes quiétudes pour voler, violer votre femme ou votre fille, tuer votre papa ou un de vos proches, qui s’éloignent sans crainte d’être puni après leur forfait.

La responsabilité de l’Etat, en particulier la police nationale et la justice

face au phénomène des gangs armés

Il incombe aux autorités de l’Etat de définir une politique sécuritaire, qui soit multidimensionnelle.  C’est-à-dire, les conditions socioéconomiques doivent être mis en place en vue de créer un climat où tous les citoyens se sentent bien traités et encadrés.

Cette politique doit assurer :

  • L’accessibilité aux services publics ;
  • La garantie des Droits fondamentaux prévus par la Constitution, et les conventions et accords signés par Haïti.

La politique répressive intervient là où les éléments malintentionnés entendent défier l’autorité de l’Etat. Mais, sociologiquement, on reconnaît que la violence prend racine plus facilement là où l’Etat ne dégage pas une vision de développement pour le bien être des citoyens et citoyennes.  La criminalité trouve un terrain favorable pour développer là où il y a pauvreté et frustration, surtout parmi les jeunes.  En Haïti, on ne peut oublier le fossé qui sépare les riches et les pauvres est source de toutes sortes de frustrations.  Cette disparité socioéconomique que connaît le pays est trop criante.

Quid de l’institution policière ?

L’institution policière doit assurer la paix des rues et des villes. La police a l’impérieuse obligation d’empêcher le crime et le désordre. Il revient aux organes responsables de la police d’utiliser les moyens nécessaires en vue de mettre hors d’état de nuire les bandits, et auteurs présumés de crime et de délit pour les conduire par devant qui de droit, parce que la police arrête pour la justice.

La violence réalisée par les gangs armés fait questionner la capacité de l’institution policière pour donner une réponse adéquate à leurs actes.  Pourrait-on parler de l’implication de certains policiers dans la mouvance des gangs armés dans la zone métropolitaine ?  Existe-t-il un service d’investigation dynamique au sein des sous commissariats et commissariats de police ? Existe-t-il un service de renseignement fiable et crédible au sein de l’institution ?  La mise en place de ces services et les faire fonctionner correctement est une nécessité.

Qu’en est-il de l’action des autorités judiciaires ?

A la Justice, gardienne de l’Etat de droit, incombe la responsabilité d’appliquer et de faire respecter la loi.  Plusieurs citoyens et citoyennes sont tués par balles ou par des membres de gang, et il n’y a aucune poursuite judiciaire véritable permettant de faire croire que la Justice protège et garantisse la vie des citoyens et citoyennes dans la société.

Les chefs de gangs et leurs lieutenants ont toujours la quiétude d’esprit pour commettre leurs actes répréhensibles face aux faiblesses manifestes des institutions préposées à établir l’Etat de droit et garantir l’ordre public.  Laisser les organisations criminelles prendre le large cause un tort irréparable à la République.  Ces institutions doivent s’élever à la hauteur de leur mission et assumer leur rôle afin d’établir de façons correcte l’autorité de l’Etat.

Me Rovelsond Apollon

JILAP

Fason nou analize krim ak asasinay yo nan Pòtoprens

Tableau synthèse des crimes à Port-au-Prince

MwaAvril84 viktimMwaMe 87 viktimMwaJen 103 viktim
1. Sou idantite viktim yo
Polis ak ajan sekirite ki viktim1 polisye1 ajan sekirite1 polisye1 ajan sekirite1 polisye
Fanm ki viktim8811
Timoun ki viktim321
Viktim yo pa konnen kilès yo ye262832
2. Sou lakòz lanmò yo
Moun ki mouri ak bal545264
Moun ki mouri ak bal lapolis/ Minustah1
Moun ki mouri nan afwontman ak polis / Ministah22
Moun ki mouri ak bal bandi ki nan gang54
Viktim afwontman ant gang7
Moun ki mouri ak bal nèg ak zam yo pa rive idantifye484655
Moun ki touye tèt yo111
Moun ki mouri ak zam blanch, wòch, fè, baton ak manchèt995
Moun ki mouri nan aksidan81423
Moun ki mouri nan move tan1
Lot kòz ak sa yo pa konnen121010
3. Sou kèk katye : ki kote
Bèlè, zòn Dèlma 2 ak 4, Fò Nasyonal ak Solino31
Lasalin, Site Solèy, wout Nasyonal # 1 ak zòn Site Militè11186
Zòn Kafou563
Gran Ravin ak Matisan5211
Petyonvil, wout Frè465
Yo pa konn zòn nan / mouri lopital1024
4. Sou kèk lòt sikonstans
Moun ki mouri sou etikèt vòlò35
Etikèt kidnapè/bandi

Secrétariat national, BP 1572, Port-au-Prince  Haïti 6110, Tel  2943 0079

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