Institute for Justice and Democracy in Haiti

L’insécurité Bat son Plein à Cité Soleil (Le Nouvelliste)

Par Duckenson Lazard, Le Nouvelliste

Déclarée zone de non-droit dans les années qui ont suivi le départ du président Jean Bertrand Aristide, la commune de Cité Soleil est de nouveau inquiétée par la recrudescence des bandits armés. Au nom de la population à qui aucune aide réelle n’a été apportée depuis plus de 7 mois, le Collectif des Notables de Cité Soleil réclame une augmentation rapide de l’effectif policier de la municipalité.

Haïti: Le Ministère Pasteur Enock, un sous-embranchement de CONOCS (Collectif des Notables de Cité Soleil), qui lui-même regroupe diverses organisations sociales et de la zone, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence donnée cette semaine pour attirer l’attention des autorités policières sur l’aggravation de la situation sécuritaire au niveau de ce quartier élevé au rang de commune lors du second mandat de l’ancien président Jean Bertrand Aristide en mars 2002. Ce n’est une nouvelle pour personne que les pratiques de banditisme ont repris sur les 116 sites d’abris provisoires recensés jusqu’à date à Cité Soleil. Intervenant au nom dudit Ministère, le révérend pasteur Jean Enock Joseph a fait savoir qu’ « à Soleil 13, 15, et 17, les bandits n’attendent pas qu’il fasse nuit pour rançonner les paisibles citoyens ». Les téléphones cellulaires ou tout autre objet de valeur, selon le Centre, sont comme des aimants puissants qui attirent les criminels vers ceux qui les portent à vue d’oeil.

Par ailleurs, les casses de maisons et/ou des tentes se poursuivent comme à l’accoutumée. Les viols sont devenus monnaie courante dans cette zone où les maisons sont réalisées avec des morceaux de tissus, a souligné le pasteur Jean Enock Joseph rappelant au passage le viol d’une adolescente de 12 ans par une dizaine de bandits. « Certains vont jusqu’à dire qu’à l’époque d’Evens Ti-Couteau et d’Amaral Duclonat, la vie était bien meilleure là-bas. On peut comprendre l’angoisse des gens quand on considère que pour cette commune la PNH ne dispose que de 64 policiers ».

Abordant le problème de l’effectif des policiers affectés à cette commune qui est l’une des plus misérables du pays, le Ministère Pasteur Enock, qui est aussi un centre de Développement et de Droits Humains, pointe du doigt les gens malintentionnés du gouvernement voulant faire passer Cité Soleil pour un endroit où n’habitent que des bandits et des malfaiteurs. À ce propos, le centre croit déceler un complot pour que la commune soit laissée à l’abandon.

« Cité Soleil a besoin d’un vrain commissariat ; sans commissaire, même avec les trois bureaux de police, on ne peut pas parler de ”commissariat », soutient le leader religieux qui intervenait au nom des habitants du tristement célèbre bidonville de la Caraïbe à cause des affrontements armés intervenus entre des bandes rivales pour le contrôle absolu de la zone. « Avec 64 policiers pour une population de 500.000 personnes, on a seulement environ un policier pour chaque huit mille individus » , s’indigne-t-il avant de poser la question : « Comment expliquer le fait que Carrefour ait 400 policiers, Pétion-Ville 500, Port-au-Prince 600, et 400 pour Croix-des-Bouquets, alors que Cité Soleil ne possède même pas une centaine de policiers ? » Entre-temps, les vagabonds et les malfrats continuent d’attaquer les gens pauvres sans défense.

Ajouter 236 policiers au nombre actuel des agents affectés au commissariat de Cité Soleil, telle est la réclamation du CONOCS que le pasteur Jean Enock Joseph a reprise haut et fort. « Des policiers de prestige, exempts de toute combine, et qui ne réclament rien en échange de leur aide aux personnes sans défense », ajoute-il.

En attendant l’intervention des autorités publiques pour réduire le taux de violence à Cité Soleil, la population est en train de monter elle-même la garde pour éviter que les bandits ne mettent tous les habitants K.O.

lazardduckenson@yahoo.fr

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=82927

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