Institute for Justice and Democracy in Haiti

French – La Minustah Est Poursuivie (Le Matin)

Le Bureau des avocats internationaux (BAI) et l’Institute of Justice and Democracy in Haïti (IJDH) ont porté plainte le 3 novembre dernier devant l’office des Nations unies à New York. Une copie de la plainte a été adressée au bureau de l’Onu en Haïti.

La mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) a beau clamer son innocence dans la réapparition du choléra, absent depuis un siècle dans ce pays devenu le plus pauvre de l’hémisphère, les rapports des experts mêlés à la voix de quelques rares organismes de droits humains n’ont pas cessé d’indexer les autorités onusiennes dont la négligence a permis que des Népalais puissent entrer en Haïti sans le moindre dépistage. Le Bureau des avocats internationaux (BAI) et l’Institute of Justice and Democracy in Haïti (IJDH) ont porté plainte le 3 novembre dernier devant l’office des Nations unies à New York. Une copie de la plainte a été adressée au bureau de l’Onu en Haïti.

Maître Mario Joseph a tenu à préciser pour nous que le BAI et l’IJDH agissent au nom des plus de 5 000 victimes du choléra dont ils sont les avocats. L’action repose sur l’article 55 de l’accord du 9 juillet 2004 sur le statut de la Mission des Nations unies en Haïti. Ils demandent à l’Onu de procéder à la formation de la commission permanente de réclamation en vue de dédommager le pays en général et les victimes en particulier. Maître Joseph se joint dans cette affaire aux avocats américains Irak Kurzban et Brian Concannon, tous deux connus en Haïti pour avoir toujours été les principaux défenseurs de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.

Les poursuivants reprochent à l’Onu et à la Minustah d’avoir failli à leur obligation d’examiner et de soigner de façon adéquate les soldats de la Minustah venant de pays où le choléra est endémique. Ils dénoncent aussi le fait par ces soldats onusiens d’avoir déversé directement des matières fécales (déchets humains) non traitées dans un affluent du fleuve le plus long et le plus important d’Haïti, l’Artibonite. Enfin, ils accusent l’échec des instances onusiennes dans leurs maigres efforts en vue de répondre de façon adéquate à l’épidémie.

Quelle réparation pour tant de dommages ?

Pour le BAI comme pour la société haïtienne, les torts causés par le choléra à la population haïtienne sont désormais irréparables. La vie ne se donne pas deux fois. Des milliers d’âmes se sont éteintes à petit feu dans les centres de traitement aussi bien que dans les zones reculées ou un « médecin feuille » a vainement tenté se substituer au sérum oral. Le déchirement social est aussi énorme, quand on se souvient de ces lynchages provoqués en certains endroits par des cas de choléra que la malice populaire a voulu attribuer aux artifices maléfiques d’un voisin ou d’une « commère ». La blessure laissée à l’esprit des rescapés de cette diarrhée mortelle, la réclusion sociale qui constitue une seconde douleur pour les anciennes victimes, même des mois après la douloureuse expérience des CTC (centres de traitement du cholera), rien ne semble pouvoir réparer les désastres du choléra.

Maître Mario Joseph croit cependant qu’en guise de réparation l’Onu doit s’engager complètement à éradiquer le choléra en Haïti. Aussi devra-t-elle, après condamnation compétemment prononcée, prendre à sa charge la construction d’infrastructures sanitaires et d’assainissement de l’eau, toujours dans le but d’enrayer l’épidémie de choléra en Haïti. Sur le plan individuel, les avocats des victimes espèrent obtenir pour les Haïtiens infectés ou affectés par le choléra des indemnités individuelles. « L’Onu doit nous verser 50 000 dollars américains pour la réparation et la réhabilitation des victimes », nous a dit Me Joseph.

Les responsables de la Minustah en Haïti ont déjà confirmé la réception de la plainte. Mais la porte-parole de la Mission, Silvie Van den Wildenberg, est peu bavarde sur la question, rappelant qu’il appartient aux plus hautes instances de l’Onu de décider. Un rapport d’experts dits indépendants dépêchés par l’organisme onusien a déjà innocenté les contingents de la Minustah dans les nouveaux ravages du choléra en Haïti. Mais l’Onu pourra-t-il continuer à s’en laver les mains ?

Cette plainte du BAI et l’IJDH constitue une grande première pour la lutte menée en Haïti depuis l’apparition de cette épidémie. Jusqu’ici aucun recours international n’était exercé. Sur le plan national, un ancien candidat à la présidence, Garaudy Laguerre, avait porté plainte officiellement. Mais rien n’est dit depuis. Aucun juge ne dit détenir le dossier. Aucune instruction. Aucune audition. Aucune justice.

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