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Haïti – Choléra : le médecin marseillais avait raison sur la faute de l’Onu

Published By LaProvence.com

Le professeur marseillais Renaud Piarroux, l’une des sommités mondiales en matière de choléra, avait raison avant tout le monde sur le drame haïtien.

C’est à Mirebalais que les premiers habitants sont morts du choléra, à cause de la rivière contaminée.

Le professeur marseillais Renaud Piarroux, l’une des sommités mondiales en matière de choléra, avait raison avant tout le monde sur le drame haïtien. Ce sont bien les soldats népalais de l’Onu ou plutôt de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui sont à l’origine de la plus grave épidémie de choléra de l’histoire récente dans ce pays. Plus de 7 000 Haïtiens en sont morts. Il l’avait établi dans un rapport commandité par l’ambassade de France et le gouvernement haïtien après une enquête de terrain en novembre 2010 dont La Provence s’était largement fait l’écho (notre édition du 15 décembre 2010). Une longue enquête de Deborah Sontag en Haïti, paru ce week-end dans le New York Times, qui reprend la chronologie des cas, vient encore lui donner raison, malgré les longues dénégations de l’Onu.

50 000 dollars par mort

“Le dossier reprend nos données cartographiques qui montrent que les cas de choléra ont explosé en quelques heures en aval du camp de l’Onu dont les latrines se déversaient directement dans la Meye, notamment à Mirebalais où les habitaients s’approvisionnaient, détaille Renaud Piarroux. Puis il y a eu des déversements massifs d’excréments infectés par une citerne de l’Onu dans l’Artibonite, une autre rivière. Les investigations montrent aussi que des chercheurs américains et danois ont établi que le vibrion, le bacille qui s’est propagé dans la rivière est bien d’origine népalaise.”

L’article montre que la politique de l’autruche de l’Onu, niant ses responsabilités, a amplifié les dégâts commis. Il y a eu du temps perdu, une perte de confiance des habitants à propos des campagnes sur les gestes sanitaires à faire pour se protéger du choléra, des conflits sur les méthodes à appliquer. Alors que dans le contexte d’une reconstruction qui “rame”, les conditions sanitaires et l’accès à une eau saine sont toujours très difficiles en Haïti. Les autorités de l’Onu ont attendu que les soldats népalais, contre lesquels la colère de la population montaient, quittent le pays pour rendre public un rapport interne en mai 2011 qui disait “l’épidémie n’avait pas été causée par une action délibérée d’un groupe ou un individu” et rejetait la cause du déversement de matières fécales. Tout cela est battu en brèche, y compris par des experts travaillant pour l’Onu qui s’expriment dans le New York Times.

“Il se pourrait bien que je retourne en Haïti pour observer l’évolution de l’épidémie”, reprend Renaud Piarroux. Une revanche amère pour lui qui était persona non grata après ses révélations sur l’Onu. En attendant, les Nations unies vont devoir affronter une “action de groupe”. Environ 5 000 personnes qui ont perdu un membre de leur famille à cause du choléra ont lancé une procédure contre elles, en demandant 50 000 dollars par proche perdu.

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