Institute for Justice and Democracy in Haiti

Après la tempête Isaac, ce n’est pas le beau temps pour les déplacés

Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés                                                    
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Port-au-Prince, Haïti
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 Mercredi 29 août 2012
Après la tempête Isaac, ce n’est pas le beau temps pour les déplacés
Plusieurs camps d’hébergement de la zone métropolitaine ont été sévèrement touchés par la tempête tropicale  Isaac qui a traversé Haïti le week-end du vendredi 24 au dimanche 26 août 2012.  Les conditions  déjà difficiles dans lesquelles vivaient les déplacés se sont aggravées, suite à cet événement. Coup de projecteur  sur leurs situations après la tempête.
Plusieurs tentes des familles déplacées ont été écrasées, samedi, par les violentes agitations causées par Isaac. Des bâches déchirées, des  camps inondés ont forcé à l’évacuation de centaines de personnes vivant sur les sites d’hébergement de la capitale.
Au camp Maya (Zone Christ-Roi), 9 tentes ont été détruites et une quinzaine d’autres endommagées. Des agents de la protection de civile avec l’appui des ONG ont évacué environ 26 familles pour être transférées à l’Ecole supérieure d’Infotronique D’Haïti, identifiée comme l’un des abris pour les gens de la zone Christ-Roi.
« Ma tente était complètement inondée ;  on a dû nous déplacer,  ma fille et moiDes agents d’une organisation non gouvernementale m’ont donné un kit et une couverture », raconte Roselène, une mère célibataire de 26 ans qui vit au camp Maya. Revenue sur ce site, après la tempête, elle se sent inconfortable dans cette masse de boue. « Je n’ai pas d’autres endroits où aller ;  je suis bien obligée de retourner dans le camp. Cependant le site n’est pas vivable »,  se plaint-elle d’un air résigné.
Ce sentiment d’inconfort est partagé par plusieurs familles déplacées vivant sous les tentes de fortune dans les camps d’hébergement après le passage d’Isaac,  qui a fait 24 tuées et six  disparus, selon le dernier  bilan publié par la Direction de la Protection Civile (DPC) le mardi 28 août 2012.
C’est pareil pour Alcine, un déplacé du camp Lamè frape (La mer frappée), situé dans la zone de la Croix-des-Bouquets. « Ici, les conditions dans lesquelles nous vivons sont désagréables. Le camp ne dispose pas de toilettes ;  ce qui fait que les gens font leurs besoins à même le sol dans les bois environnant le site », explique t-il l’air inquiet. Ce père de famille redoute une propagation des maladies infectieuses principalement le cholera avec les pluies torrentielles et les rafales de vent occasionnées par la tempête.
Dans ce camp où vivent plus d’une centaine de familles déplacées, 20 tentes ont été complètement détruites sans compter celles qui sont endommagées par le passage de la tempête. Les déplacés du camp disent attendre les secours d’urgence pour les aider à reconstruire leurs abris. « Nous avions fait  tous les numéros d’urgences pour attirer l’attention des instances concernés sur nous. C’était comme si nous crions dans un désert. Personne n’était venue nous prêter mains fortes », informe Alcine.
Les appels de secours se font entendre dans plusieurs camps affectés et visités par le GARR. Au camp Gaston Magron situé à Carrefour, zone Mariani 2 (sud de la capitale), où vivent environ 881 familles, une centaine de tentes ont été détruites. Les déplacés réclament une relocalisation définitive au lieu de penser à les déplacer à la prochaine tempête. Dans ce camp, plusieurs familles dont les tentes avaient été détruites par le vent  ou qui vivaient à proximité du lit d’une rivière passant au beau milieu du camp, avaient été évacuées.
Au Camp AVIC, centre de Port-au-Prince, un groupe de déplacés avaient tenté samedi d’attirer l’attention sur leur situation en bloquant la route passant par-devant leur camp.  Neuf (9) d’entre eux dont un mineur avait été arrêté par une patrouille de la Police.  Après avoir passé le weekend en prison, sept des prisonniers ont été libérés le lundi 27 août.  Deux sont encore gardés en garde à vue au Commissariat de Port-au-Prince.
Au camp Grâce Village, situé également à Carrefour, les sinistrés attendent toujours l’appui des autorités pour les libérer des pressions imposées par les agents sécurité et le propriétaire du terrain où se trouve hébergé ce camp. La nuit du passage de la tempête, un enfant blessé n’avait pas eu le temps d’être amené à l’hôpital parce que les gardiens placés par le propriétaire du terrain avaient fermé les portes et partis avec la clé de la barrière.
Selon les précisions de la protection civile, environ 165 camps sont affectés au niveau de sept (7) communes du département de l’Ouest et 13 888 ménages ont été touchés par le passage de la tempête Isaac.
 
Geralda Sainville
Chargee de Plaidoyer pour le droit au logement
Section Communication et PLaidoyer
GARR
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