Institute for Justice and Democracy in Haiti

La Cérémonie Salem et l’histoire du BAI/IJDH

Cet article décrit très bien ce qui s’est passé dans la cérémonie Salem Awards le 23 Mars 2014. L’auteur parle de l’histoire du BAI et IJDH, l’histoire du Salem Awards, et qui a parlé lors de la cérémonie.

Les avocats Mario Joseph et Brian Concannon honorés aux Etats-Unis pour leur travail en droits humains en Haiti

Jane Regan, AlterPresse
27 mars 2014

Salem, Massachusetts, Etats-Unis, 27 mars 2014 [AlterPresse] — Mario Joseph, directeur du Bureau des avocats internationaux (Bai) et Brian Concannon, directeur de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (Ijdh), partenaire du Bai, ont reçu le 22e « Salem Prize » pour leur travail en Haïti et aux Etats-Unis, en faveur des droits humains et de la justice.

Le Salem Prize, est un prix accordé tous les ans par un jury du Salem award foundation for human rights & social justice, pour saluer des « champions du temps moderne des droits humains et de la justice sociale qui ne craignent pas de s’exprimer malgré les intimidations ».

L’Haïtien Mario Joseph et l’Américain Brian Concannon ont ainsi été honorés le 23 mars, devant un public composé de politiciens américains, journalistes, militants des droits humains et de plusieurs amis d’Haïti, à Salem dans le Massachussets.

Salem est une ville située près des côtes de l’Atlantique à 26 kilomètres au nord de la ville de Boston. En 1692, cette ville faisait partie de la colonie britannique du Massachussets, et se trouvait sous le contrôle des leaders du « puritanisme », une interprétation radicale du protestantisme.

Dans une vague d’hystérie, plusieurs centaines de personnes ont été accusées de « sorcellerie ». Après une série de procès, 19 personnes ont été condamnées à mort, la plupart étaient des femmes. Ces personnes ont été pendues. Une autre condamnée a refusé de parler. Elle est morte sous la torture.

Dans leurs discours, Concannon et Joseph ont évoqué les crimes et violations de droits humains à Salem en 1692, et les ont comparés avec la faiblesse de la justice et les violations de droits humains en Haïti, aujourd’hui. En 1692, plusieurs personnes, parmi elles le ministre du culte puritain, Cotton Mather, savaient parfaitement que ce qui se passait à Salem était mal.

« A l’image de Cotton Mather, les Nations Unies savent ce qu’elles font [au sujet du dossier du cholera] », a dit Brian Concannon.

Concannon et Joseph ont également souligné que leur travail est le résultat de celui de beaucoup de personnes : d’autres avocats de leurs équipes, des stagiaires, volontaires, sans compter le support des bailleurs. A la fin de leur présentation, les deux hommes ont été applaudis durant plusieurs minutes.

Par la suite, Mario Joseph a fait savoir l’importance du prix à ses yeux.

« Il est important parce qu’il donne une visibilité à notre travail. Compte tenu des dangers liés à notre travail, [ce prix] est important », explique t-il. « La reconnaissance internationale nous donne une certaine protection et nous encourage, parce que nous constatons que beaucoup de personnes ont conscience de notre travail ».

D’après Joseph, il y a 7 avocats et 3 stagiaires au Bai. Ils sont impliqués dans plus de 100 cas, dont des cas d’ouvriers révoqués et de résidents de camps de déplacés du séisme de 2010, victimes d’expulsions forcées.

Dans le discours d’introduction, Julie Rose, responsable de la Salem award foundation, a donné au public une idée du travail du Bai et de l’Ijdh : défense des victimes du régime des Duvalier, dépôt de plainte contre les Nations Unies pour leur implication dans l’épidémie de cholera, défense des ouvriers et ouvrières licenciés.

Rappelant le courage des personnes ayant critiqué les procès de Salem, le congressman John Tierney (D-MA) s’est dit fier de sa formation d’avocat, comme les deux récipiendaires du Salem Prize.

« Nous autres avocats travaillons sans arrêt pour la justice », a-t-il affirmé. « Nous souhaitons tous que la communauté internationale continue à nous appuyer ».

Tierney a signalé que lorsque Joseph avait reçu des menaces récemment, lui ainsi que d’autres parlementaires américains avaient écrit au département d’Etat, pour lui demander de dire à l’administration de Michel Martelly que ces menaces étaient inacceptables.

Patricia Meservy, présidente du Salem State, une des grandes universités publiques, a demandé aux Nations Unies d’admettre leur responsabilité dans l’introduction du cholera en Haïti, tout en saluant les deux avocats.

« Ils ont transformé en bien public leur formation en droit », selon elle.

Parmi les autres personnes à prendre la parole, ont figuré le maire de Salem et deux étudiants du Salem State, un haïtiano-américain né aux Etats-Unis et un Haïtien natif de Jérémie.

« J’apprécie tout ce qu’ils ont fait pour Haïti » a déclaré Kinnflo Michel, le natif de Jérémie.

Etudiant de dernière année, Michel fait des études juridiques. Il a évoqué le massacre de 1964 à Jérémie, les actes des casques bleus, tels les viols contre des femmes et des hommes, et l’assassinat de civils en 2005 à Cité Soleil. Il a remarqué qu’il n’y a pas eu de justice dans aucun de ces cas. Pour lui, l’un des plus grands problèmes en Haïti, est la peur de prendre position.

« En général les adultes disent aux enfants ‘’si vous voyez quelque chose n’en parlez pas ; si vous pensez quelque chose n’en parlez pas », a-t-il indiqué.

« Cependant, certaines personnes font preuve de courage, n’ont pas peur de parler. C’est le cas de Mario Joseph », a-t-il conclut, souhaitant devenir avocat à la fin de ses études.

Récemment, diverses organisations de droits humains nationales et internationales ont constaté des menaces et dangers dans le domaine des droits humains. Le 8 février dernier, Daniel Dorsinvil, un des fondateurs du Groupe alternatif de justice (Gaj) et coordonnateur de la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains(Pohdh), ainsi que sa femme ont été tués par balles. De plus, l’an dernier, l’avocat de droits humains Patrice Florvilus a reçu des menaces dans le cadre de son travail, selon Amnesty international.

Par ailleurs d’autres personnalités et institutions ont également reçu le Salem Prize. Il s’agit de Morris Dees, fondateur du Southern Poverty Law Center, de City Life/Vida Urbana, une organisation luttant pour la justice économique et le logement à Boston, et de la Coalition of Immokalee Workers, se battant pour les droits des ouvriers et ouvrières agricoles aux Etats-Unis.

 

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