Institute for Justice and Democracy in Haiti

Brian Concannon Explains How Secretary Kerry Can Help Haiti’s Elections

US Secretary of State John Kerry will visit Haiti on October 6 to discuss elections, of which the next round is scheduled for October 25. So far, neither the US nor the international community has done enough to dis-incentivize the crimes that allowed certain parties to succeed in the first round of elections on August 9th. Many voters walked hours to reach their polling centers but were turned away by armed thugs once they arrived. For legitimate presidential elections on October 25, more votes need to be counted. Violence, ballot stuffing and other fraud needs to be discouraged. John Kerry’s State Department has the economic influence to help make that happen.

Part of the op-ed is below. Click HERE for the full text.

(Traduction non-officielle au fond.)

Instill integrity in Haiti’s election

Brian Concannon, Miami Herald

October 5, 2015

A man rips an election ballot after a voting center was closed by authorities when fistfights broke out on Aug. 9.

Secretary of State John Kerry heads to Haiti Tuesday with a chance to help avoid what the Herald Editorial Board warned may be “another disastrous train-wreck” of an election. There is still time to switch Haiti’s elections onto an acceptable track, and the United States can play an important role in that process. But fair elections will only happen if Kerry ensures that the Martelly administration and the Provisional Electoral Council (CEP) make fundamental changes to restore voter confidence.

As most observers — the Haitian and international press, and Haitian human-rights and electoral observation groups — have noted, Haiti’s Aug. 9 first-round legislative elections featured systematic voter suppression. Thugs associated with political parties —especially President Michel Martelly’s parties — attacked voting centers early and often, closing many, destroying voting materials and convincing untold numbers of voters to stay safely at home.

Police systematically failed to intervene. Rural Haitians walked hours down mountain trails, only to be turned away by thugs outside voting centers or political-party representatives within. Eighty-two percent of eligible voters did not vote.

 

 

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Instiller l’intégrité dans les élections haïtiennes

L’intimidation des électeurs répandu durant premier tour d’août
John Kerry peut utiliser les subventions fédérales comme levier
par Brian Concannon Jr.

Le secrétaire d’État John Kerry se rend mardi en Haïti, où il aura l’occasion d’aider à éviter que les élections haïtiennes se terminent par un « autre déraillement désastreux », pour reprendre les termes de l’avertissement du comité de rédaction du Herald. Il est encore temps de remettre les élections haïtiennes sur une voie acceptable, et les États-Unis peuvent jouer un rôle important dans ce processus. Toutefois, les élections ne seront démocratiques que si le Secrétaire d’État Kerry s’assure que le gouvernement Martelly et le Conseil Électoral Provisoire (CEP) effectuent des changements fondamentaux afin de rétablir la confiance des électeurs et électrices.

Comme l’ont constaté la plupart des observateurs – les presses haïtienne et internationale, les groupes haïtiens d’observation électorale et pour les droits humains – une suppression de votes systématique a eu lieu lors du premier tour des élections législatives haïtiennes du 9 août. Des bandits associés aux partis politiques – surtout ceux du Président Michel Martelly – ont attaqué des centres de vote dès leur ouverture, et à plusieurs reprises. Plusieurs centres ont dû fermer, du matériel de vote a été détruit, si bien qu’un nombre incalculable d’électeurs ont décidé de rester en sécurité chez eux.

La police a systématiquement refusé d’intervenir. Des Haïtiens des régions rurales ont marché pendant des heures sur des sentiers de montagne, pour se faire renvoyer chez eux par des bandits à l’entrée des centres de vote ou par des représentants de partis politiques à l’intérieur des bureaux. Quatre-vint deux pourcent des électeurs admissibles n’ont pas voté.

Parmi les votes exprimés, près du quart n’ont pas été comptés parce que le procès-verbal du bureau de vote avait été détruit, perdu ou mise à l’écart.

Le développement peut-être le plus scandaleux est le refus du CEP, du gouvernement Martelly et de la communauté internationale de reconnaître ces problèmes que tous les autres observateurs ont constatés. Jusqu’à la clôture du vote – et la fin des méfaits – le 9 août, l’Union européenne a jugé le processus électoral « presque parfaitement normal », tandis que l’ambassadeure sortante des États-Unis Pamela White a déclaré que le processus était « imparfait, mais acceptable. »

Le CEP a annoncé, sous la pression, de nouvelles élections dans les circonscriptions où moins de 70 % des feuilles de pointage avaient été reçues et comptabilisées, ce qui signifie que là où 29 % des votes ont été rejetés – et où tant d’autres n’ont pas été exprimés en raison des violences – les résultats sont jugés valables.

Ces élections redéfinissent d’une manière désolante ce qui est « imparfait, mais acceptable », mais il y a plus : deux facteurs aggravent la situation. Premièrement, de l’aveu même des responsables de l’Union européenne, la destruction et l’intimidation semblent avoir été planifiées pour cibler les bastions des partis de l’opposition. Deuxièmement, le 9 août était le premier des trois tours d’élections prévus pour cette année et établit donc un précédent : le crime paie.

Il y a plusieurs raisons de penser que les deux prochains tours – dont le premier débute le 25 octobre – pourraient se dérouler différemment. Premièrement, les élections précédentes se sont mieux passées. Les présidentielles de 2006 ont fait l’objet de controverses, mais seulement 3 à 8 % des procès-verbaux ont été exclues et le consensus qui s’est dégagé fut que le vainqueur, René Préval, avait réellement eu le plus d’appuis. Deuxièmement, les électeurs haïtiens font preuve d’une grande vaillance s’ils croient que les élections seront justes. Les taux de participation des élections présidentielles de 2006 et 2000 ont été de 59 % et 78 %, respectivement. La semaine dernière, j’ai assisté à une conférence de presse présentant des habitants de la commune rurale de Saut d’Eau qui, après avoir marché pendant des heures, avaient été renvoyés à la pointe du fusil. Ils ont affirmé avec force que le gouvernement et le CEP devaient faire cesser l’intimidation et améliorer l’accès aux bureaux de vote, mais ils ont aussi promis de faire cette marche à nouveau le 25 octobre si des améliorations étaient apportées.

Le secrétaire d’État Kerry répondra avec raison que ce n’est pas lui qui conduit le train électoral haïtien, et que ce sont les responsables haïtiens qui doivent prévenir un éventuel déraillement. En revanche, M. Kerry sait que les États-Unis fournissent presque tout le carburant électoral – 25 millions de dollars jusqu’à présent, et plus encore pour la suite des choses. Le Département d’État de Kerry peut donc établir des incitatifs pour le CEP, le gouvernement et les partis politiques.

Ce mardi, le Secrétaire d’État Kerry aura une occasion historique d’établir de nouveaux incitatifs, et que le crime ne paiera plus, en encourageant la tenue d’élections justes et inclusives. Pour tirer pleinement partie de cette occasion de donner aux électeurs haïtiens les élections qu’ils méritent, M. Kerry devra rendre l’appui des États-Unis aux élections haïtiennes conditionnel à des promesses vérifiables de changements fondamentaux capables de rétablir la confiance des électeurs, trahie le 9 août.

Brian Concannon Jr., Esq. est directeur général de l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti. Il a été observateur accrédité de plusieurs élections haïtiennes passées, notamment avec l’Organisation des États américains.

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