Institute for Justice and Democracy in Haiti

BAI envoie une lettre ouverte à Gustavo Gallon concernant MINUSTAH

BUREAU DES AVOCATS INTERNATIONAUX
3, 2ème rue Lavaud
B.P. 19048
Port-au-Prince, Haiti
(509) 2943 2106 / 07, 3701 9879
Email: avokahaiti@aol.com

Lettre ouverte

Port-au-Prince, le 21 Février 2016

Monsieur Gustavo Gallón,
Expert Indépendant des Nations-Unies sur la Situation des Droits Humains en Haïti

Monsieur l’Expert Indépendant,
Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), dans sa mission de défendre les droits des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des victimes du choléra importé par la MINUSTAH, des Femmes et Filles victimes de viol, d’agressions sexuelles et autres abus de droit, prend acte de votre visite en Haïti, du 22 février au 1er mars 2016, dans le cadre d’une mission de suivi de violations des droits humains et du même coup, vous remercie pour votre dernier rapport sur la situation des droits humains en Haïti, en particulier pour votre attention spéciale accordée aux victimes du choléra qui attendent encore justice et réparation des Nations-Unies.

Toutefois, dans le cadre de cette visite, le BAI tient à vous suggérer d’intégrer dans votre agenda la situation des travailleurs du Syndicat du Personnel National de la MINUSTAH ( NFSU) dont leurs droits sont bafoués car, ils n’ont pas accès à un processus équitable pour prendre en compte leurs revendications concernant les abus dont ils sont victimes. Ensuite, quand ils ont protesté pacifiquement ( grêve, pétition etc..), ils ont été l’objet de menaces et de violences faites par les agents de sécurité de la MINUSTAH. Par conséquent, ces travailleurs ne peuvent espérer justice de la plus grande institution du monde qui devrait protéger les droits des travailleurs.

Le BAI vous suggère également de prendre en considération les mères des enfants des soldats de la MINUSTAH ; des enfants qui, souvent issus de viol des agents de la MINUSTAH, sont toujours en attente de leurs pères. Leurs mamans n’ont pas les moyens de les nourrir, de les payer des frais scolaires, de les trouver une maison et d’alimentation, à cause de l’abandon. Et cela risque de discréditer d’avantage les hautes valeurs des Nations-Unies et de mettre ces mères avec leurs enfants en situation précaire. Puisque, ces victimes « d’exploitation et d’abus sexuels », en terminologie de l’ONU, ont le droit de restitution pour le viol, les abus et les violences subis. Mais impunément, quand elles se présentent au siège de la MINUSTAH, personne n’est disponible pour recevoir leurs doléances parcequ’aucun mécanisme n’est mis en place pour les rendre justice, en raison d’un manque de réponse systématique dans le système des Nations-Unies.

Donc, au regard de ces faits susmentionnés, le BAI souhaiterait que vous preniez en compte ces abus de droit, préjudiciables à la dignité des travailleurs haïtiens de la MINUSTAH et aux mères des enfants des casques bleus ; sinon, ça pourrait renforcer la perception selon laquelle, l’immunité voudrait dire l’impunité dans le système de fonctionnement des Nations-Unies.

Mario JOSEPH, Avocat
Bureaux des Avocats Internationaux

 

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BUREAU DES AVOCATS INTERNATIONAUX
3, 2ème rue Lavaud
B.P. 19048
Port-au-Prince, Haiti
(509) 2943 2106 / 07, 3701 9879
Email: avokahaiti@aol.com

Open Letter

Port-au-Prince, 21 February 2016

Mr. Gustavo Gallón,
Independent Expert of the United Nations on the Situation of Human Rights in Haiti

Your excellence,

The Bureau des Avocats Internationaux (BAI) in its mission to defend the rights of the poor, those
inalienable rights, non-derogable and inherent to the human person, especially those of victims of
cholera imported by MINUSTAH, women and girl victims of rape, sexual assault and other abuses of
law, takes note of your visit to Haiti, from 22 February to 1 March 2016, as part of a monitoring
mission of human rights violations, and takes the opportunity to thank you for your last report on
the situation of human rights in Haiti, especially for your special attention to cholera victims who
still await justice and reparations from the United Nations.

Furthermore, within the framework of this visit, the BAI would like to suggest that you incorporate
into your itinerary an examination of the situation of workers of the Union of National Personnel of
MINUSTAH (NFSU), who allege that their rights are being violated because they have no access to a
fair process to address their claims for abuses they have suffered. When they protested peacefully
(through strike and petition) they were subjected to threats and violence by security agents of
MINUSTAH. It is of grave significance when these workers cannot expect justice from the largest
institution in the world that is responsible for the protection of workers’ rights.

The BAI also suggests that you consider the mothers of the children of soldiers of MINUSTAH;
children, born often from rape or sexual exploitation by agents of MINUSTAH, who are still waiting
for their fathers. Their mothers do not have the means to feed them, to pay school fees, to find a
home and take proper care of these abandoned children. This situation discredits the high UN
values, as it overlooks the burden on Haitian mothers and puts their children at risk. These victims
of “sexual exploitation and abuse,” in UN terminology, have the right to restitution for rape, abuse
and exploitation, as well as valid claims for paternity and child support. It is unconscionable, that
when they come to the MINUSTAH headquarters, nobody is available to receive their complaints or
tend to their questions, because no mechanism is in place to deliver these women justice, due to a
well-known systematic lack of response in the United Nations.

Thus, given the above facts, BAI would like you to consider the abuse of rights, detrimental to the
dignity of the Haitian workers of MINUSTAH and Haitian mothers of children of peacekeepers, and
to address these in the course of your visit, in order to dispel the perception that immunity would
mean impunity in the United Nations system.

Mario JOSEPH, Esquire
Bureau des Avocats Internationaux

Contact IJDH

Institute for Justice & Democracy In Haiti
15 Newbury Street
Boston, MA 02116

Telephone: (617) 652-0876
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