Institute for Justice and Democracy in Haiti

BAI dénonce la demande de Martelly pour une mission électorale de l’OEA

BUREAU DES AVOCATS INTERNATIONAUX
3, 2ème rue Lavaud
B.P. 19048
Port-au-Prince, Haiti
Tel : +(509) 2943-2106/ 07, 3701-9879
Email: avokahaiti@aol.com

Port-au-Prince, le 1er Février 2016

NOTE DE PRESSE

Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), dans sa mission de défendre les droits des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des victimes du choléra importé par la MINUSTAH, des Femmes et Filles victimes de viol, d’agressions sexuelles et autres abus de droit, prend acte de la demande de Monsieur Michel Joseph MARTELLY, invitant l’Organisation des Etats Américains (OEA) à s’immiscer dans les affaires internes d’Haiti.

Il est un fait indéniable que l’OEA, conformément aux prescrits de sa charte signée et ratifiée par ses États membres, dont Haïti est partie, consiste à intervenir que dans des cas de tensions entre deux États membres de cette instance régionale, afin d’éviter qu’un État membre ne soit victime d’agressions ou de l’ingérence d’un autre État membre ou de tout autre État que ce soit. Ce qui revient à dire que la Charte de l’OEA interdit formellement toute ingérence dans les affaires internes de ses États membres au regard de l’article 1 du premier chapitre qui, lui fixant sa nature et ses buts, stipule dans le deuxième paragraphe que :“l’organisation des États Américains n’a d’autres facultés que celles que lui confère expressément la présente charte dont aucune disposition ne l’autorise à intervenir dans des questions de la juridiction interne des États membres”.

Par conséquent, le BAI dénonce le caractère illégal et arbitraire de cette demande susceptible d’entrainer la mission de l’OEA qui entre en contradiction avec sa propre charte, tout en soulignant l’attitude irresponsable du chef de l’État qui, en demandant la médiation de l’OEA, a violé l’article 136 de la constitution de 1987 qui donne qu’au Président haïtien, la responsabilité constitutionnelle d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.

Le BAI constate également, une fois de plus, l’échec de l’ OEA dans la crise haïtienne qui, devant les ingérences du CORE GROUP ( dont elle est membre) dans les affaires internes d’Haïti, surtout celles des États-Unis, abandonne l’une de ses missions fondamentales que lui attribue le chapitre 2 de sa propre charte, notamment dans l’aliéna (e) stipulant que: “chaque État a le droit de choisir, sans ingérence extérieure, son système politique, économique et social, et le mode d’organisation qui lui convient le mieux. Il a pour devoir de ne pas intervenir dans les affaires des autres États. Sous réserve des dispositions précédentes, les États américains coopèrent entre eux, indépendamment de la nature de leurs systèmes politiques, économiques et sociaux”.

Fort de ces constats, le BAI recommande au Conseil Permanent de l’OEA de se déclarer incompétent par rapport au fait qu’il n’a aucune provision légale pouvant justifier une telle ingérence, à moins qu’il décide de fouler au pied la Charte de l’Organisation et les principes du droit international et ceux de la constitution haïtienne, et revendique une solution inter haïtienne sans ingérence extérieure.

Pour le BAI:

Mario JOSEPH, Avocat

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BUREAU DES AVOCATS INTERNATIONAUX
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Port-au-Prince, 1 February 2016

PRESS NOTE

The Bureau des Avocats Internationaux (BAI), in accordance with its primary mission of defending the rights of the most vulnerable, inalienable and inherent human rights, and in particular the rights of victims of cholera introduced by MINUSTAH and of women and girl victims of rape, sexual abuse and other rights abuses, take note of the statement of Mr. Michel Joseph MARTELLY inviting the Organization of American States (OAS) to involve itself in Haiti’s internal affairs.

It is undeniable that according to the provisions of its charter, which has been signed and ratified by its member states, including Haiti, the OAS is limited to intervening solely in cases of tensions between two of its member states, in order to avoid aggression or interference by one or several member states in relation to another. This is to say that the OAS charter formally forbids all interference in the internal affairs of member states, as is clear from Article 1 of Chapter 1 which, in fixing the organization’s nature and purposes, stipulates in its second paragraph that “[t]he Organization of American States has no powers other than those expressly conferred upon it by this Charter, none of whose provisions authorizes it to intervene in matters that are within the internal jurisdiction of the Member States”.

As such, BAI denounces the illegal and arbitrary character of this demand, which risks bringing the OAS into conflict with its own charter, while underlining the irresponsible attitude of the Head of State who, in requesting OAS mediation, has violated article 137 of the Constitution of 1987, which vests the Haitian President with constitutional responsibility to maintain the regular exercise of public power and the continuity of the State.

The BAI also once again notes the OAS’ failure in relation to the Haitian crisis. Faced with the interference of the CORE GROUP (of which it is a member) and particularly of the United States’ in Haiti’s internal affairs, it has abandoned one of its fundamental missions, as conferred by Chapter 2 of its charter and notably Article 3(e) which stipulates that “[e]very State has the right to choose, without external interference, its political, economic, and social system and to organize itself in the way best suited to it, and has the duty to abstain from intervening in the affairs of another State. Subject to the foregoing, the American States shall cooperate fully among themselves, independently of the nature of their political, economic, and social systems”.

In light of these observations, the BAI recommends the Permanent Council of the OAS declare itself incapable of assisting by reason of there being no legal provision that would justify such interference without trampling on the organization’s charter and principles of international and Haitian constitutional law, and demand an internal Haitian solution free of external interference.

For the BAI:

Mario JOSEPH, Managing Attorney

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Boston, MA 02116

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