Institute for Justice and Democracy in Haiti

Haïti -post Matthew : visite d’observation du Bureau des Avocats Internationaux (BAI) dans le département du Sud (English Included)

Haïti -post Matthew : visite d’observation du Bureau des Avocats Internationaux (BAI) dans le département du Sud

20 octobre 2016

matthew-destructionDu  vendredi 07 au samedi 08 octobre,  pour observer l’ampleur des dégâts  et les conditions  des droits humains  des victimes survécus de la catastrophe socio-naturelle Matthew, le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), à travers une délégation composée d’avocat, de photographe et de sociologue, a entrepris, à longueurs de journées,  des visites d’observation  dans plusieurs communes du département du sud : Cavaillon, Les Cayes, Torbeck, Port-salut, Carpentier et roche-à-bateau.

D’après les observations du BAI, le département  du sud a été quasiment détruit par l’ouragan Matthew. Les plantations, les maisons, les  têtes de bétail, les articles de maisons, les infrastructures routières, les infrastructures  sanitaires, scolaires et  de l’Electricité D’Etat d’Haïti (EDH), bref les biens de la population du sud ont été  pratiquement emportés, détruits ou fortement endommagés par la puissance de destruction massive des eaux et du vent de cet ouragan dévastateur. Ainsi, les chiffres de 28 000 maisons détruites et de 271 morts lancées par le Ministre de l’intérieur, monsieur François Anick Joseph, est loin de la réalité du terrain, d’après les témoignages récoltés par le BAI de la population et des autorités locales.

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Le BAI constate qu’environ quatre (04) jours après cette catastrophe, aucun plan d’intervention d’urgence a été déployé dans les régions les plus affectées pour assister ces populations en danger. Du coup, le département du sud est en train de faire face à une catastrophe humanitaire : plusieurs milliers de familles sinistrées sont privées de l’eau potable, de nourriture et d’assistance médicale. Donc, il s’agit d’une situation de violation systématique des droits les plus élémentaires de la personne.

Le BAI prend note également de la recrudescence de l’épidémie du choléra. Surtout du fait qu’aujourd’hui, le département du sud constitue un terrain propice à la propagation rapide de cette épidémie mortelle, en raison de l’absence de l’eau potable et de l’infrastructure sanitaire. D’après les autorités du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), vingt (20) personnes sont déjà mortes de choléra dans le sud et de la Grande-Anse, seulement cinq (05) jours après l’ouragan.

Dans cette situation de catastrophe humanitaire, le BAI a rencontré les femmes mères des enfants abandonnés nés des casques bleus de l’ONU. Malheureusement, elles ont été parmi les nombreuses familles sinistrées, privées de leurs maisons familiales et de leurs biens, détruits ou emportés par les eaux de l’inondation. Ces pauvres femmes se retrouvent aujourd’hui seules dans la rue avec des enfants des casques bleus de la MINUSTAH sous leurs bras, alors que les Nations-Unies continuent de les ignorer.

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Le BAI a constaté que l’état est totalement absent en pareille circonstance, surtout en ce qui concerne d’autres menaces de pertes en vies humaines qui pèsent sur la population du sud. Des routes fortement endommagées ou détruites, rendant difficiles l’accès à certaines voies routières, isolent certaines localités où il y a des gens en difficulté. Par exemple les difficultés de circulation sur la côte sud. L’absence d’intervention d’urgence des techniciens de l’EDH dans différentes  communes de ce département est une menace à prendre très au sérieux. Par exemple à Torbeck, quasiment tous les poteaux électriques sont sur le sol avec leurs fils électriques, alors que la population sinistrée n’a que la rue maintenant pour se reposer.

girls-in-front-of-matthew-rubbleSuivant les déclarations des riverains et des autorités, Le BAI tient à informer l’opinion publique nationale et internationale que tout porte à croire que la population n’as pas été informée ou a été que partiellement informée des risques de désastres et d’inondation que pourraient représenter l’ouragan Matthew. D’après les témoignages des membres de la population de Roches-à-bateau et de Port-salut, il y a eu de campagne systématique de sensibilisation de la part des autorités locales afin de les informer concernant les risques d’inondation et de désastre auxquels ils étaient exposés avec le passage d’un ouragan de catégorie 4. Aucune mesure n’a été prise pour déplacer les personnes habitant les endroits à risque.  Le peu d’information qu’ils ont eu, c’est à travers leurs téléphones portables les avertissant comme à l’ordinaire qu’il y aura un cyclone et qu’il faut prendre des précautions. Donc, c’est une violation du droit à l’information et du droit à la vie de la population de ces communautés, selon la Convention Américaine des Droits de l’Homme, article 4, ratifiée par Haïti en 1977, et les principes de protection  de l’intervention humanitaire selon le projet sphère.

Le BAI tient à dénoncer l’irresponsabilité de l’administration de René Garcia Préval et de Michel Joseph Martelly qui n’ont pas su apporter des réponses structurelles aux problèmes de la dégradation de l’environnement du pays et n’ont pas su doter le pays d’un plan national de gestion des risques et d’intervention d’urgence en cas de désastres naturels, alors que la vulnérabilité environnementale du pays a été clairement prouvée quand ils ont pris le pouvoir sur les ruines du cyclone Jeanne en 2004 qui a tué près de 3000 personnes aux Gonaïves et occasionné du même coup 300 000 sans-abris, les cyclones dévastateurs  Fay, Gustav, Hanna et Ike en 2008 et le séisme du 12 janvier 2010 qui a fait plus de 300 000 morts et 1.5 millions de sans-abris.

Tout en exprimant sa sympathie aux victimes et aux familles des victimes, Le BAI dénonce enfin, la passivité de l’Etat Haïtien au regard de cette situation d’urgence humanitaire péniblement constatée dans le département du sud.

 

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Haiti Post-Matthew: Bureau des Avocats Internationaux Visits Southern Department of Haiti

From Friday October 7 to Saturday October 8, the Bureau des Avocats Internationaux (BAI) assessed the extent of the damage and human rights conditions of victims who survived Hurricane Matthew in various towns in the southern department of Haiti. The observation team consisted of lawyers, photographers, and a sociologist who visited Cavillon, Les Cayes, Torbeck, Port-Salut, Carpentier and Roche-à-Bateau.

According to BAI’s observations, the southern department has been nearly destroyed by Hurricane Matthew. The crops, houses, livestock, household items, road infrastructure, sanitary infrastructure, schools, belongings, and the state power company of the southern population were swept away, destroyed, or greatly damaged by the massive destructive power of this hurricane’s waters and winds. The Minister of Interior Mr. François Anick Joseph estimated that 28,000 houses were destroyed and 271 Haitians lost their lives, but these numbers are far from the reality according to the witnesses and local authorities with whom BAI spoke.

BAI noted that approximately four days after this catastrophe, no urgent plan of intervention had been deployed in the regions the most affected to assist endangered populations.  The southern department is facing a sudden humanitarian catastrophe in which many stricken families are deprived of drinking water, food, and medical assistance. This crisis presents a situation of systematic violations of the people’s most basic rights.

BAI also noted the upsurge of the cholera epidemic. Today, the southern department epitomizes a fertile ground for the rapid spread of this fatal epidemic due to the absence of drinking water and health infrastructure. According to the authorities of the Minister of Public Health and Population (MSPP), 20 people are already dead from cholera in the south and in Grand-Anse, just five days after the hurricane.

In this situation of humanitarian catastrophe, BAI met with some mothers of children born from UN soldiers. Unfortunately, they were among the many stricken families who were deprived of their homes and belongings, which were either destroyed or swept by the flood’s waters. These poor women find themselves today alone in the streets with the children of the UN soldiers under their arms, while the UN continues to ignore them.

BAI noted that the state is totally absent in these circumstances, especially when it comes to other threats of loss of human life that weigh on the southern population. People are stranded in certain remote areas where road access has been heavily damaged or destroyed. Traffic congestion is a big problem near the southern coast. The absence of urgent intervention on behalf of the state power company, the State Electricity of Haiti (EDH), in various towns within this department is also a serious threat. In Torbeck, for example, nearly all the electrical poles are on the ground with their exposed wires, posting safety concerns for residents who sleep in the street.

Based on interviews with residents and authorities, BAI concludes that the population was not informed, or at best was partially informed, of the risks for disaster and flooding that Hurricane Matthew posed. According to the testimonies of residents of Roches-à-Bateau and Port-Salut, local authorities did not implement systematic awareness campaigns to inform them of the risks of flooding and disaster from the category 4 hurricane. No measures were taken to evacuate residents in danger. The little bit of information they received was from their mobile phones warning them that there will be a hurricane and that they must be careful. Therefore, it is a violation of the right to information and of the right to life for the population of these communities, according to the American Convention on Human Rights, article 4, ratified by Haiti in 1977, and the principles of protection of humanitarian intervention under the Sphere Project.

BAI wishes to denounce the irresponsibility of the René Garcia Préval and Michel Joseph Martelly administrations, who failed to bring structural responses to the problems of the country’s environmental degradation, failed to provide the country with a national risk-management plan, and failed to intervene urgently during this natural disaster. Haiti’s environmental vulnerability was clearly understood when these administrations took power with Hurricane Jeanne in 2004, which killed nearly 3000 people in Gonaives and caused 300,000 people to be without shelter, as well as in the devastating hurricanes Fay, Gustave, Hanna and Ike in 2008, and by the earthquake of January 12 2010, which led to more than 300,000 deaths and more than 1.5 million without shelter.

While expressing sympathies to the victims and to the families of the victims, BAI also denounces the passivity of the Government of Haiti under this urgent humanitarian situation that has been painfully observed in the southern department.

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