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POUR DIFFUSION IMMEDIATE: Un an après les excuses de l’ONU, les victimes du choléra appellent au secrétaire général les promesses non tenues

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Un an après les excuses de l’ONU, les victimes du choléra appellent au secrétaire général les promesses non tenues

(Boston, Port-au-Prince, le 1 décembre 2017) – À l’occasion du premier anniversaire de l’excuse historique de l’ONU pour avoir déclenché l’épidémie dévastatrice de choléra en Haïti, les victimes ont appelé au secrétaire général Antonio Guterres de respecter les engagements pris l’année passée pour mettre fin à la transmission du choléra et fournir des remèdes. Les victimes prévoient également de se rassembler pacifiquement à 11 heures devant le siège de l’ONU à Port-au-Prince.

Il y a un an aujourd’hui, le secrétaire général sortant, Ban Ki-moon, a demandé publiquement le pardon du peuple Haïtien pour le rôle de l’ONU dans l’épidémie et a lancé une « nouvelle approche du choléra en Haïti ». Beaucoup de victimes ont considéré ces excuses comme une page tournée sur un chapitre hideux des activités de l’ONU en Haïti, mais après une année de promesses non tenues, l’espoir créé par les excuses se dissipe.

« L’ONU a demandé pardon pour cette maladie mais ont dit eux mêmes « qu’être desolé, ce n’est pas un remède » » a déclaré Orima Casseus, 63 ans, dans une vidéo publiée aujourd’hui qui rassemble les témoignages des victimes et les leurs demandes auprès du secrétaire général. Mme Casseus, qui est aveugle, a perdu son mari, le soutien de sa famille, au choléra.

La Nouvelle Approche avait promis 400 millions de dollars ; 200 millions de dollars pour mettre fin à la transmission du choléra et 200 millions de dollars supplémentaires pour l’assistance matérielle aux victimes. Un an plus tard, le plan n’est financé qu’à 3%. En conséquence, l’épidémie de choléra la plus meurtrière au monde continue et l’ONU n’a fait aucun des progresses nécessaires pour soutenir les familles de plus de 10 000 personnes tuées et 800 000 personnes infectées par la maladie.

« L’ONU a trouvé 7,2 milliards de dollars pour financer la MINUSTAH, une force de maintien de la paix dans un pays qui n’a pas connu de guerre, mais elle ne peut pas lever plus de 12 millions de dollars pour mettre un terme à l’épidémie du choléra dont elle est responsable. Ce n’est pas une question de manque de financement ; il s’agit des priorités de l’ONU et du manque de volonté politique pour honorer les promesses faites au peuple haïtien », a déclaré Mario Joseph, managing attorney du Bureau des Avocats Internationaux, qui mène la bataille pour la justice d’Haïti.

En juin 2017, le secrétaire général a demandé aux états membres de redistribuer les 40,5 millions de dollars restant dans le budget de la MINUSTAH à sa fermeture. Seulement 30 pays ont contribué, avec un total d’environ 3 millions de dollars. Le reste a été redistribué aux états membres. L’ONU s’est également protégée de l’inclusion de la Nouvelle Approche dans son budget ordinaire, ce qui exigerait que tous les Etats Membres contribuent financièrement. L’ONU paie régulièrement des règlements pour des actes de négligence à petite échelle avec son budget ordinaire.

« L’ONU trouve des milliards pour le travail qu’elle juge important. Mais l’ONU et ses membres n’utiliseront même pas les restes du budget de la MINUSTAH pour commencer à tenir les promesses faites aux victimes du choléra en Haïti », a déclaré Brian Concannon, Jr., Esq., directeur exécutif de l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti.

Lorsque la Nouvelle approche a été lancée il y a un an, l’ONU a souligné qu’elle «exprime une expression concrète et sincère des regrets de l’Organisation» et  a présenté deux approches possibles pour fournir des remèdes aux personnes affectées: l’aide individuelle et les projets communautaires. Au cours de l’année, les Nations Unies se sont de plus en plus retirées de l’aide individuelle, bien que les victimes aient souligné leur besoin de paiements directs pour se remettre des conséquences financières dévastatrices de la perte des soutiens de famille, et des dettes encourues pour enterrer leurs proches.

« Mon enfant était tout ce que j’avais. C’est lui qui payait mon loyer, me donnait de l’argent pour faire des affaires, et il est mort. Maintenant, je marche dans les rues avec rien, je n’ai même pas d’endroit oú dormir », a déclaré une victime du choléra, Mireille Alcime, dans la vidéo. Elle a déclaré au Secrétaire général Guterres: «Je demande une compensation, une compensation individuelle afin que je puisse survivre, que je puisse à nouveau vivre. »

La promesse de l’ONU de consulter les victimes reste également presque totalement non réalisée. Malgré la promesse des Nations Unies de « placer les victimes au coeur du travail » de la Nouvelle Approche et  de développer le programme d’aide matérielle aux victimes promis en consultation avec « les victimes, leurs familles et leurs communautés », l’ONU n’a pas encore annoncé aucun plan d’engager avec les victimes autour de leurs besoins et leurs priorités de réparation

« Les victimes ont le droit d’être entendues, et l’ONU a l’obligation d’écouter et d’être guidée par leur conseil. Ce n’est pas au malfaiteur de choisir la justice pour sa victime », a ajouté Joseph.

Les excuses du secrétaire général et le lancement de la Nouvelle Approche il y a un an ont venues après six années d’obstruction et de dénégations par l’ONU de son rôle dans l’épidémie, malgré les preuves accablantes que son introduction a été causée par un pauvre traitement des déchets de la MINUSTAH. Le traitement de l’épidémie par l’ONU a été largement critiqué, y compris par ses propres experts des droits de l’homme, et a conduit à un recours collectif e par les victimes du choléra contre l’ONU.

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