Institute for Justice and Democracy in Haiti

BAI Letter on Corruption and #PetroCaribeChallenge

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The Petrocaribe fund has lost $3.8 billion USD that was supposed to be used towards development in Haiti. Haitians now gather on social media and on the streets to shed light upon the missing money. In a peaceful protest outside of the Superior Court, Haitian citizens were tear gassed by the police in attempts to end the protest. The BAI speaks against the use of force against these protesters and urges authorities to locate the missing funds. 
BUREAU DES AVOCATS INTERNATIONAUX
3, 2ème rue Lavaud
B.P. 19048
Port-au-Prince, Haïti
Tel : +5092943-2106/ 07
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Port-au-Prince, le 14 septembre 2018
Note de Presse
Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), dans sa mission première de défendre les droits des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des victimes du choléra importé par la MINUSTAH, des femmes victimes de viol, d’agression sexuelles, et des citoyens victimes dans l’exercice de leur liberté publique, est préoccupé des cas  de répressions policières perpétrées le dimanche 9 septembre 2018, au niveau de Bois Verna,  contre des citoyens Haïtiens exerçant pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et de réunion, garanti et protégé par les articles 28,  31 et 31-2 de la Constitution de 1987, par les articles 21 et 22 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) et l’article 16 de la convention Américaine relative aux droits de l’homme signés et ratifiés par l’Etat Haïtien.
Le BAI note que depuis 14 août dernier, suite à la question soulevée sur les réseaux sociaux par un citoyen dans un hastag #petrocaribechallenge demandant : où est passé l’argent du Petro Caribe ? Les citoyens Haïtiens, en particulier les jeunes, se sont mobilisés sur les réseaux sociaux et dans les rues pour dénoncer l’impunité et la corruption dans le cadre de la gestion du fonds petro caribe.
Le 24 août dernier, des citoyens se sont rassemblés devant la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) pour exiger que lumière soit faite sur les 3.8 milliards de dollars américains du fonds petro caribe dilapidé. Depuis lors, la mobilisation citoyenne s’intensifie partout dans le pays pour la restitution de cet argent et l’arrestation des dilapidateurs de ce fonds qui était destiné au développement d’Haïti, suivant les termes de référence de l’accord Petro Caribe signé en 2006 entre l’Etat Vénézuélien et l’Etat Haïtien.
Le BAI regrette que les autorités policières font des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) leurs instruments de violence aveugle pour mater la mobilisation populaire, notamment le bombardement de gaz lacrymogène des citoyens sur la route de Bois Verna qui manifestaient pacifiquement contre le pillage de cet argent.
Le BAI pense que le comportement violent des policiers à l’égard de ces manifestants s’inscrit pas dans la perspective des potentats du Parti Haïtien tèt kale (PHTK) au pouvoir, notamment monsieur Jovenel Moise qui a déclaré en France que le dossier petro caribe est une affaire de persécution politique.
Le BAI tient à rappeler aux autorités policières que la PNH n’a pas la mission liée aux intérêts des classes dominantes et des hauts fonctionnaires corrompus d’asphyxier, de bastonner ou de tirer à bout portant des citoyens qui demandent des comptent ou veillent sur les conditions dans lesquelles les fonds de l’Etat ont été  utilisés par les autorités à qui ont confiés la responsabilité de gérer ces fonds.
Le BAI rappelle également que la corruption est un acte de violation massive des droits humains. Les  défenseurs des droits humains, où qu’ils puissent être  dans le monde, ne doivent pas tolérer que  l’argent de l’Etat  qui devrait servir à construire des hôpitaux, des écoles, des logements décents, encadrer les petits paysans pour  garantir les droits économiques sociales et culturelles  du  peuple Haïtien, soit volé ou dilapidé.
Le BAI exhorte les autorités du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) de se ressaisir car la loi leur fait obligation de sécuriser  les citoyens dans l’exercice libre de leurs libertés publiques, non de les matraquer violemment.
Le BAI salue les jeunes universitaires, écoliers,  paysans et ceux  des quartiers populaires qui décident de prendre en main leur destin commun consistant à lutter contre la corruption, l’impunité et pour la justice sociale.
Mario JOSEPH, Av
Bureau des Avocats Internationaux

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