Institute for Justice and Democracy in Haiti

Lettre ouverte de la communauté haïtienne de la diaspora adressée au Président d’Haïti son Excellence Mr. Jovenel MOISE

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Monsieur le Président,
Nous avons l’honneur de vous adresser cette correspondance en tant que représentants de la diaspora
haïtienne. Nous tenons à souligner à votre attention, l’occasion cruciale qui s’offre au gouvernement
haïtien d’agir et veiller à ce que les victimes du choléra obtiennent enfin justice.
En effet, Le gouvernement haïtien a une occasion opportune de lancer une Commission qui, d’une
part, va collecter des données relatives aux réclamations des victimes du choléra et, de déterminer,
d’autre part, une rémunération judicieuses pour ces victimes au plus tard le 14 octobre 2018 (soit le
délai d’un an après l’expiration du mandat de la MINUSTAH, tel que stipulé dans l’accord sur le
statut des forces onusiennes conclu entre le gouvernement haïtien et la MINUSTAH). Par
conséquent, il importe d’annoncer la nomination d’un commissaire lors de votre prochaine
intervention à l’Assemblée générale des Nations-Unies prévus pour septembre 2018.
Comme vous le savez, le choléra introduit en octobre 2010 par les troupes de la Mission des Nations
Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) a fauché au moins 9700 vies et infecté environ 800
000 personnes.
Apres des années de plaidoyer engagé à la fois par des acteurs issus d’institutions nationales, des
victimes du choléra, des membres de la diaspora haïtienne et d’autres alliés en Haïti et ailleurs dans
le monde, le Secrétaire général des Nations-Unies a finalement reconnu le rôle ( incontestable)de
l’ONU dans l’épidémie de choléra et a lancé le 1er décembre 2016 une nouvelle approche dans la
gestion de ce dossier en Haïti (dite «nouvelle approche»).
Alors que cette nouvelle approche promettait de« placer les victimes au centre» et de fournir «une
aide matérielle aux Haïtiens les plus touchés» par le choléra, plus d’un an plus tard, cela ne s’est
guère traduit dans les faits.
Notre lutte pour les victimes du choléra a conduit à des progrès importants, notamment celui du
Congrès américain qui a alloué une enveloppe de 10 millions de dollars au dossier du choléra dans le
projet de loi de dépenses omnibus 2018 du Congrès. Cependant, de sérieuses inquiétudes persistent
quant à la capacité de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) a mobiliser des fonds substantiels
pour opérer des progrès significatifs dans la mise en œuvre de la nouvelle approche. On craint
également de plus en plus que l’ONU abandonne la compensation en dépit des appels constants du
gouvernement haïtien et des victimes du choléra envers lesquelles l’ONU est redevable.
Nous saluons les déclarations du gouvernement haïtien sur la nécessité de justice et d’indemnisation
pour les victimes du choléra. En particulier, nous prenons note de la déclaration produite à
l’Assemblée générale en septembre 2016: «Nous sommes confiants que l’appel urgent du Secrétaire
général pour la mise en œuvre d’un programme sensiblement renforcé pour lutter contre le choléra
et fournir des informations, l’assistance aux victimes et à leurs familles sera écouté et répondra
pleinement aux attentes du peuple haïtien».
Nous saluons en outre la déclaration du Président Moïse en septembre 2017, à savoir que «l’argent
devrait aller aux victimes du choléra. C’est pourquoi je vais ordonner au Premier ministre de
commencer à travailler à l’identification des victimes de l’épidémie de choléra». Néanmoins, l’ONU
a déclassé les priorités en matière de soutien matériel aux victimes, en dépit d’une évaluation
rigoureuse des besoins de ces dernières.
Nous exhortons le gouvernement à envisager la formation d’une Commission pour analyser et
produire un rapport sur les demandes d’indemnisation pour les victimes du choléra. Étant donné
l’immunité générale et imminente des Nations Unies contre les poursuites judiciaires devant les
tribunaux nationaux et l’absence de mise en œuvre de la nouvelle approche, la mise en place effective
d’une Commission d’enquête peut être le seul moyen valable d’assurer que les victimes obtiennent
justice.
La nomination d’un commissaire s’inscrira comme la première étape vers l’instauration de ladite
commission et le gouvernement haïtien portera l’ONU à travailler avec cette entité et entendre les
revendications susmentionnées relatives aux victimes du choléra.
Toutefois, le gouvernement doit agir avec célérité : la Commission doit être mise en place pour
recueillir des donnes et travailler sur les réclamations des victimes dans un délai d’un an à compter de
l’expiration du mandat de la MINUSTAH (14 octobre 2018).
Monsieur le Président, il est indéniable que votre prochain discours à l’Assemblée générale des
Nations Unies le 27 septembre 2018 est une occasion sans précédent d’annoncer la nomination d’un
commissaire, aux fins d’entamer ce processus important.
Vous voudriez bien trouver en annexe, des informations supplémentaires portant sur l’obligation
légale de l’ONU de créer une Commission, les raisons pour lesquelles la création de cette
Commission s’avère nécessaire ainsi que, le temps nécessaire et les étapes sensibles que le
gouvernement haïtien doit franchir pour atteindre l’objectif fixé
Monsieur le Président, faut-il souligner que la date limite pour la Commission des réclamations est
proche (14 octobre 2018) et le sort injustement désagréable des victimes du choléra est imminent. Il
est impératif que vous preniez rapidement des mesures qui veilleront à ce que les victimes du choléra
ne soient pas oubliées, ignorées, ridiculisées, et exploitées à nouveau par leur propre gouvernements
et présidents comme l’avaient faits hélas les précédents.
La diaspora haïtienne, certes, nos frères et sœurs en Haïti et les victimes du choléra souhaitent voir
un président digne, soucieux de son devoir, engagé dans la défense de l’intérêt de son pays, armé de
courage, de détermination et de conviction, prêt à se lever pour exiger des réparations et
l’indemnisation de ses concitoyens concitoyennes victimes du choléra.
Monsieur le Président, vous avez une occasion sans précédent de suivre le cours glorieux de
l’histoire qui immortalise encore les hommes d’État qui ont écouté leur peuple, se sont mis à leur
service et ont placé leur intérêt au-dessus de leurs propres intérêts individuels.
En espérant que vous accorderez une grande attention à cette correspondance, nous vous prions
d’agréer, Monsieur le Président, l’expression des patriotiques salutations de la diaspora haïtienne.
Cordialement,
Signatures
 Collective Solidarity Towards Cholera Victims
Florida, Jimy Mertune – President
Florida, Minister Olicier Pieriche
 New York, Dr. Kesler Dalmacy and Yveline Dalmacy
 Sant La, Haitian Neighborhood Center, Inc
Florida, Ms. Gepsie M. Metellus – Executive Director
 SEIU United Healthcare Workers East
Florida, Monica Russo – Executive Vice President
 Lesley University – Division of Creative Arts in Learning
Massachusetts, Danielle Legros Georges – Poet Laureate, Professor
 The Michel Law Firm, LLC
Florida, Soeurette Michel, Esq., LL.M – CEO
 Haitian-American Leadership Council (HALEC)
Philadelphia, Quener Joseph – Board
 Diaspora in Action
New Jersey, Joel Leon – President
 Coffeyville Orthopedics
Kansas, Maxime Coles – President
 TWU Local 100 (NYC transit retired)
New York, Marty Goodman – Former Executive Board member
 Vwa Ayiti
Florida, Sainca Jean – Conseiller
Massachusetts, Tina Lorquet – President
 American For Immigrant Justice
Florida, Adonia Simpson – President
Florida, Smith Lamothe – Board Member
 Greater Haitian American Chamber of Commerce (GHACC)
Florida, Dr. Idler Bonhomme – President
 Ingenieurs, Architectes, Scientifiques et Technologues Haitiens (CIASTH)
Massachusetts, Luckner Bayas – General Secretary
ET BEAUCOUP D’AUTRES ……………………….

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