Institute for Justice and Democracy in Haiti

Press Release: Response of EPPLS to the Pelerin 5 Victims

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Port-au-Prince, mardi 21 mai 2019
Note de presse
Nous, Collectif des Victimes du Pèlerin 5, Bureau des Avocats Internationaux (BAI), Mouvement de Liberté et d’Egalite des Haïtiens pour la Fraternité   (MOLEGHAF), Konbit Ayisyen pou Lojman Altènatif ( KAYLA), Mouvement des Jeunes Solidaire pour une autre Société (MJSS), CONAMAVIDE, OCFEDH, SROD’H, organisations militant pour le respect des droits fondamentaux, la Justice Sociale et la Souveraineté du peuple Haïtien, dénonçons avec la dernière rigueur le manque de transparence et la volonté manifeste de l’administration de Jovenel MOISE pour  diviser le Collectif des Victimes de Pèlerin 5, réunissant les 7 familles pauvres victimes de l’Expulsion Forcée, suivie de Démolition de leurs maisons dans le voisinage de Jovenel Moise à Pèlerin 5, dans le cadre de  la politique d’Expulsion Forcée de l’administration Moise à l’égard des pauvres.
Dans le cadre d’un sit-in devant les locaux de l’Entreprise Publique de Promotion de Logements Sociaux (EPPLS) le 11 janvier 2019  organisé par le Collectif des Victimes de Pèlerin 5, le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), le Mouvement de Liberté et d’Egalite des Haïtiens pour la Fraternité   (MOLEGHAF), Konbit Ayisyen pou Lojman Altènatif ( KAYLA) et les 15 blocs de Canaan ( Code 15)  pour marquer les 9 ans d’échec de  Politique publique de logements sociaux de l’Etat Haïtien suite au passage du séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et pour dénoncer la Politique d’Expulsion Forcée de l’Administration MOISE contre les pauvres , le directeur de l’EPPLS, monsieur Yvon Buissereth avait sollicité une rencontre avec les organisateurs de ce Sit-in pour discuter des revendications. Cette rencontre a eu lieu dans son bureau durant le Sit-in et les organisateurs ont pu exposer leurs revendications, notamment celle liée à la responsabilité de l’Etat Haïtien de prendre des mesures d’accompagnement d’urgence en faveur des 7 familles de pèlerin 5 que les autorités ont sauvagement expulsé, puis démoli leurs maisons, afin qu’elles soient chassées du voisinage de monsieur  Jovenel Moise.
Notons que le lundi 6 décembre 1982,  un décret présidentiel a transformé l’Office National du Logement (ONL) en Entreprise Publique de Promotion de Logements Sociaux (EPPLS),  en considérant la responsabilité de l’Etat de promouvoir la qualité de la vie des catégories sociales démunies, de définir les besoins en logement des populations concernées, de préparer, programmer, réaliser et gérer des projets de logements sociaux aux bénéfices des familles et des individus aux revenus les plus faibles.
Par la suite, le directeur de l’EPPLS, monsieur Yvon Buissereth a entrepris plusieurs voyages au niveau du Pèlerin 5 depuis environ 3 mois (du mois de janvier au mois de mars). Au cours de ces voyages, il tenait à rencontrer quelques victimes sur les ruines de leurs anciennes maisons pour les promettre que l’administration MOISE entend reconstruire leurs maisons, mais suivant les conditions que voici : l’Etat va arpenter le terrain, ensuite l’Etat va reconstruire leurs maisons. Le leader du Collectif des Victimes de pèlerin 5, Marie Madrenette Joseph, n’y voyait aucun inconvénient mais dans un souci de sécurité, elle exige que tout propos se fasse dans un cadre formel et transparent, à savoir : un protocole d’accord signé en présence de leur avocat et des représentants des Organisations Sociales qui les soutiennent dans leur démarche de plaidoyer pour le respect des droits des victimes.
Malheureusement, monsieur  BUISSERETH met fin à la discussion sur la base de transparence et du respect des droits des victimes et choisit, de préférence, la carte de la division et de la manipulation. En effet, le Directeur de l’EPPLS, refusant de discuter en groupe avec les victimes, a réuni de manière séparée avec elles et présente le leader du Collectif des Victimes de pèlerin 5 comme un handicap pour l’avancement du processus de reconstruction. Acculée, Marie Madrenette Joseph prend ses distances  avec la discussion et les autres qui l’ont poursuivie, n’ont eu aucune forme de réparation  jusqu’à maintenant. Fort heureusement, les victimes commencent à comprendre qu’elles ont été manipulées par le directeur de l’EPPLS et vont poursuivre la mobilisation pour le respect de leurs droits. A ce propos, un sit-in aura lieu devant les locaux de l’EPPLS ce jeudi 23 mai, avec la solidarité de toutes les organisations signataires de cette note ainsi que d’autres citoyens concernés, pour dénoncer le comportement malhonnête de son directeur.
Nous, organisations signataires de la présente, tenons à rappeler que nous sommes à environ 10 mois depuis que les plus hautes autorités de l’Etat Haïtien, dans la nuit du 3 au 4 juillet 2018,  ont concocté en dehors de loi et de la Constitution du 29 mars 1987  la démolition des maisons de ces 7 familles et qu’en conséquence, ces familles qui ont pris plusieurs années pour construire leurs maisons,  sont aujourd’hui  dans une extrême vulnérabilité à cause des gens qui étaient censés défendre leurs intérêts. Nous ne cesserons jamais de répéter les noms et les fonctions des autorités qui ont ordonné et étaient présents durant l’exécution de ces actes de barbarie : le Commissaire du Gouvernement à l’époque, Me Ocname Clamé DAMEUS, c’est lui qui a ordonné l’exécution de ce forfait et il a présenté les victimes comme une menace pour la famille présidentielle.  Alors que le seul reproche qu’on pourrait faire à ces gens c’est qu’ils ne sont pas aussi riches que monsieur Jovenel MOISE pour être son voisin ;  le Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique, Monsieur Ronsar SAINT-CYR, il était présent sur les lieux pour s’assurer la réalisation de  ce forfait, que nous pouvons qualifier de Crime Contre l’Humanité; Yves LEONARD, le mari de la Mairesse de la Commune de Tabarre,  Propriétaire de la maison où habite Jovenel MOISE et sa Famille : il est le cerveau de l’opération ; Berson SOLJOUR, Directeur Départemental de l’Ouest (DDO) de la Police Nationl d’Haïti (PNH), il était aussi présent sur les lieux.
En ce sens, nous protestons ouvertement contre la nomination  de Me Ocname Clamé DAMEUS comme Juge à la Cour d’Appel de Gonaïves. Nous demandons à la population Gonaïvenne de se soulever contre la présence de ce voyou à une fonction aussi prestigieuse.  Nous voyons cette nomination effectuée par Jovenel MOISE de 2 manières : 1) Jovenel MOISE lui donne une récompense du fait qu’il a ordonné la démolition des maisons des victimes pour se débarrasser des pauvres de son entourage, 2) une insulte du fait que les victimes vivent dans la rue pendant que le bourreau est gracieusement récompensé par Jovenel MOISE pour son forfait.
Nous dénonçons fermement la stratégie de manipulation manœuvrée par le directeur de l’EPPLS pour diviser les victimes. Car elle s’inscrit dans une démarche de diversion de la part du Gouvernement Haïtien, pour tromper la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) soumettant à l’Etat Haïtien les allégations mettant en cause sa responsabilité criminelle dans des actes de violation massive des Droits Humains dont Jovenel MOISE est le principal bénéficiaire. Par conséquent, nous exigeons que l’Etat Haïtien  accepte de: 1) Rencontrer formellement les victimes en groupe et ceci en toute transparence ; 2) Permettre aux victimes d’obtenir des mesures d’accompagnement d’urgence ;  3) Elaborer formellement un plan de réparation des victimes, avec la présence de leur avocat ainsi que les représentants d’Organisations Sociales qui les soutiennent, comme garantie que le processus de réparation va être effectué en fonction des principes de Droits Humains des victimes.
Nous demandons aux victimes de rester unis pour défier les chantages du pouvoir car il ne s’agit pas de solliciter les faveurs du pouvoir ; ces actes de barbarie qui ont eu lieu le 3 et le 4 juillet 2018 à pèlerin 5 est un crime contre l’Humanité. L’Etat Haïtien est tenu de respecter le droit des Victimes, en les octroyant Justice et réparation.
Pour authentification :
Me Mario JOSEPH
BAI

Marie Madrenette JOSEPH
 Collectif des Victimes du Pèlerin 5

Reyneld SANON
KAYLA

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