Institute for Justice and Democracy in Haiti

Le Bureau des Avocats Internationaux condamne l’instrumentalisation politique de la Police Nationale d’Haïti (PNH)

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BUREAU DES AVOCATS INTERNATIONAUX
3, 2ème impasse Lavaud
B.P. 19048
Port-au-Prince, Haiti
2493-2106/2493-2107
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NOTE DE PRESSE
Port-au-Prince, le 3 octobre 2019

Le Bureau des Avocats Internationaux condamne l’instrumentalisation politique de la Police Nationale d’Haïti (PNH) à des fins de répressions criminelles contre les masses Haïtiennes exigeant le départ de Jovenel MOISE et un changement de système
Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI), dans sa mission première de défendre les droits des plus démunis, les droits inaliénables, imprescriptibles et inhérents à la personne humaine, en particulier ceux des victimes du Choléra importé par la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), des femmes et filles victimes de viol et d’agressions sexuelles, des citoyens victimes de Terrorisme d’État dans l’exercice de leur liberté Publique et autres abus de droit, dénonce avec la dernière rigueur la répression aveugle, meurtrière et systématique des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) contre le peuple Haïtien, notamment les jeunes des quartiers populaires, très actifs dans la dynamique de mobilisation nationale paralysant les activités générales du Pays depuis  plus de 3 semaines, pour exiger le départ de Jovenel MOISE et un changement de système.
Le BAI constate avec inquiétude la soudaine transformation de la PNH, sous le commandement illégal du Directeur Général a.i Normil RAMEAU, en un instrument de répressions politiques travaillant pour le maintien de Jovenel MOISE au pouvoir, au prix des actes de violations massives des Droits Humains, tels que massacres, exécutions sommaires, bastonnades, arrestations et emprisonnements illégaux, et usages excessif de gaz lacrymogènes. Cette transformation de la PNH en une force de répressions criminelles contre la population civile est indignante, tenant compte de nombreux cas d’assassinats et de blessures par balle qu’elle a causés au sein de la population civile, qui vit déjà dans des conditions de précarités socio-économiques.
L’observatoire des libertés publiques du BAI  observe une situation de répressions de grande envergure au cours de ces mouvements de protestations sociales. Par exemple, le lundi 23 septembre, les Avocats du BAI ont procédé à la libération de 6 jeunes manifestants qui ont été arrêtés  arbitrairement, puis torturés au commissariat de Mirebalais pendant plusieurs heures. Et une femme de 62 ans a été morte asphyxiée. Les avocats du BAI ont également libéré  plus d’une cinquantaine de manifestants emprisonnés arbitrairement au niveau des commissariats de Pétion-ville et de Delmas. Ces cas de violations des Droits Humains  ne sont que des petits indices par rapport à l’ampleur des répressions.
Face à ce constat intolérable, le BAI tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le comportement répressif de la PNH, digne de la Milice des Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN), les tonton makout qui massacraient les Haïtiens durant la période des Duvalier.
A cet effet, le BAI en profite pour souligner à l’attention du public qu’il a participé à une audience thématique sur la Corruption et les droits des libertés publiques, tenue en date du lundi 23 septembre 2019 à Washington D.C, sous l’égide de la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH). En cette occasion, le gouvernement démissionnaire haïtien a répondu en des termes évasifs aux questions à lui posées par les Commissaires, notamment celles portant sur la dilapidation du fonds Petro caribe, le massacre de la Saline, les attaques contre certains journalistes et stations de radio, les répressions massives et systématiques suivies d’exécutions extrajudiciaires sur les manifestants, et les sit-in organisés au cours des mois de juin à décembre 2018, ainsi qu’en février, juin et septembre 2019, dans le cadre des mouvements de protestations qui visent à forcer les dilapidateurs du fonds petro-caribe à répondre de leurs actes de corruption.
Cette audience a été demandée par le BAI et l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti (IJDH) ; ces deux institutions ont témoigné, avec documents à l’appui, par devant la CIDH, sur la Corruption et les différents cas de violations des Droits Humains.
Malheureusement, le BAI constate qu’en guise d’en finir avec les actes de violations des Droits Humains, l’administration de facto MOISE-LAPIN continue de réprimer les masses haïtiennes qui ne jurent que par la démission de Jovenel MOISE pour entamer le processus du changement de système.
Au regard de cette instrumentalisation politique susceptible d’occasionner la chute de l’institution policière, le  BAI tient à rappeler à Normil RAMEAU que la PNH n’a pas la mission politique de priver le peuple Haïtien de ses Droits. Par conséquent, le BAI exige que la PNH se conforme à la Constitution Haïtienne afin de sécuriser les manifestants conformément à son article 31 et aux Conventions Internationales signées et ratifiées par l’Etat Haïtien.
Enfin, le BAI salue une nouvelle fois la détermination du peuple Haïtien qui défie les répressions du régime phtk au prix du sang, tout en lui souhaitant bon courage dans ses mouvements de protestations. Des avocats du BAI seront présents dans les manifestations de ce 4 octobre pour observer le comportement des agents de la PNH.

Mario JOSEPH, Av.

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