Déclaration de Support Internationale pour le Peuple Haïtien
Nous sommes des Haïtiens en exil, des groupes de droits humains internationaux, des groupes militant pour Haïti, des représentants et individus élus de la communauté internationale, et nous voulons déclarer notre solidarité au peuple Haïtien et demander le respect de la souveraineté d’Haïti. De 29 février 2004 à aujourd’hui, nous avons été des témoins oculaires de l’enlèvement forcé du président d’Haïti démocratiquement élu, Jean Bertrand Aristide, par les gouvernements américain, français et canadien, nous l’avons documenté et écrit des rapports; du démantèlement d’un gouvernement constitutionnel conduisant au renvoi illégal d’environ 7,000 représentants du gouvernement; de la création, par la suite, d’un environnement anarchique dans lequel se manifeste un mépris total pour la constitution et le système judiciaire; des violations systématiques de droits humains et des crimes contre des milliers de membres du parti Lavalas et des citoyens des quartiers les plus pauvres qui ont toujours supporté le mouvement populaire démocratique en Haïti. Face à la violence dirigée par l’état contre les plus pauvres, l’exclusion du Parti Lavalas qui représente la majorité des citoyens, et la nécessité d’inscrire 4.5 million de votants, nous pensons que continuer dans la voie de ces élections imposées n’est pas du tout un plan juste et crédible, ni dans les meilleurs intérêts du peuple haïtien ou de la souveraineté nationale.Tenant compte des circonstances décrites ci-dessous, nous condamnons toute tentative par la communauté internationale, le gouvernement de facto d’Haïti ou l’élite du monde des affaires haïtien de forcer le peuple haïtien à participer aux élections prévues en octobre et novembre prochains. Durant ces quinze derniers mois, nous avons recueilli et reçu des informations sur :
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Des exécutions sommaires et des disparitions de milliers de personnes qui sont soit membres du parti Lavalas, soit résidents des quartiers très pauvres qui ont toujours supporté le mouvement populaire.
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La fuite vers des lieux tenus secret de milliers de personnes qui sont des membres du Parti Lavalas et/ou des habitants des quartiers très pauvres qui ont toujours supporté le mouvement populaire.
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Des arrestations illégales massives de centaines de personnes, qui sont membres du Parti Lavalas, habitants des quartiers très pauvres qui ont toujours supporté le mouvement populaire et enfants de la rue qui sont emprisonnés pendant des semaines et des mois sans aucune accusation ou procédure équitable. La persécution des chefs du parti Lavalas, en ce compris plusieurs membres haut placés du Parti Lavalas ou des activistes bien connus comme le premier ministre Neptune, le ministre de l’Intérieur Privert, Annette Auguste et Père Jean Juste. Des viols à caractère politique sur plus de 100 femmes, filles et garçons, qui adhèrent au Parti Lavalas, et/ou des enfants des quartiers très pauvres qui ont toujours supporté le mouvement populaire. La terreur dirigée par l’état contre des centaines de personnes dans les quartiers défavorisés, plus récemment à Cité Soleil et Bel Air au cours de laquelle des habitants y compris des enfants, ont été attaqués et exécutés par la PNH et la MINUSTAH. Des témoins oculaires ont rapporté que des "opérations" similaires ont été menées par les marines américains et la PNH pendant les mois qui ont suivi le coup d’état. Dans les attaques actuelles, des hommes blancs non identifiés, parlant anglais et portant des masques de ski noirs ont été remarqués par beaucoup d’habitants locaux. Les violations de liberté de la parole et de réunion par la terreur dirigée par l’état, au cours de laquelle la PNH tue en toute impunité plusieurs personnes non armées, des manifestants non-violents en ce compris des jeunes garçons, dans l’exercice de leur droit démocratique de liberté de la parole et de réunion. La torture de milliers de personnes, particulièrement des membres du Parti Lavalas, des jeunes hommes et des garçons des quartiers pauvres de Cité Soleil, Bel Air, La Saline, etc… qui ont été et continuent d’être systématiquement signalés, terrorisés et souvent torturés.
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La persécution et la violence contre des journalistes de plusieurs pays qui essayaient de couvrir des manifestations en faveur du retour du Président Aristide. Plusieurs ont été tués et menacés d’arrestations et/ou de meurtres.
Durant ces quinze derniers mois, des organisations de droits humains ont enregistré d’innombrables allégations et preuves crédibles de ces crimes commis a divers degrés contre des membres du Parti Lavalas et des habitants des quartiers défavorisés par la Police Nationale d’Haïti, les anciens militaires dont plusieurs patrouillent les rues investis de l’autorité d’agir comme forces de maintien de l’ordre public, les marines américains et la MINUSTAH. Les nombreux rapports crédibles ont été tirés des sources suivantes:
Harvard University, www.law.harvard.edu/programs/hrp/CAP/current/americas/haiti.html
The Harvard Law School Clinical Advocacy Project’s Haiti Report…Le Maintien de la Paix en Haïti? Une Evaluation de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti Utilisant son Mandat comme Baromètre de son Succès.
University of Miami School of Law, www.law.miami.edu/news/368.html
Haiti Human Rights Investigation: November 11-21, 2004
Haiti Information Project, www.law.miami.edu/news/368.html :
Crushing President Aristide’s Party Through Violence (Témoignages de Victimes du Parti Lavalas)
Loyola University New Orleans Law School, haiti-news@listhost.uchicago.edu
Rapport sur la Situation des Droits Humains en Haïti
Amnesty International, www.amnesty.org
Haïti: Préoccupations pour la santé/préoccupations d’ordre juridique, Yvon Neptune - Haïti: La Police Nationale doit rendre des comptes à propos des homicides de civils - Haïti: Craintes pour la sécurité/Recours excessif à la force - Haïti: Craintes pour la sécurité/exécutions illégales, Amnesty International demande au gouvernement de transition de créer une commission d’enquête indépendante sur les exécutions sommaires attribuées aux membres de la Police Nationale d’Haïti. Notre coalition croit fermement que dans ces conditions d’oppression et de génocide, caractéristiques d’une dictature et non d’une démocratie, les élections ne seront pas possibles. Nous insistons pour que le Congrès américain et les Nations Unies n’envoient pas davantage d’armes et de troupes en Haïti contre la volonté et le bon sens du peuple, mais plutôt que ces conditions inhumaines et inconstitutionnelles soient éliminées. En tant que coalition internationale nous soutenons et insistons pour que:
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Les abus massifs de droits humains cessent immédiatement, en ce compris les attaques journalières orchestrées par la PNH, la MINUSTAH et la milice non -identifiée dans les quartiers de Cité Soleil et de Bel Air, les arrestations illégales, les viols, les tortures et les persécutions des pauvres. Des observateurs de droits humains internationaux neutres doivent être envoyés en Haïti immédiatement.
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Les gouvernements américain, canadien et français ne se mêlent plus des affaires politiques d’Haïti, respectent la souveraineté d’Haïti et ne fassent aucune autre tentative pour essayer de coloniser le pays ou pour l’utiliser dans le cadre du mouvement de globalisation.
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Tous les prisonniers politiques, actuels et anciens, en ce compris le premier ministre Neptune, le ministre de l’intérieur Privert, Annette Auguste et Père Jean Juste, soient protégés et libérés immédiatement.
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Le gouvernement constitutionnel, incluant le retour du Président Aristide, soit rétabli.
En tant que coalition internationale représentant des centaines de milliers de personnes à travers le monde, nous espérons que nos préoccupations pour la souveraineté d’Haïti et le bien-être du peuple haïtien seront prises très sérieusement. C’est une situation d’oppression politique et économique extrême violant toutes les lois nationales et internationales de décence et de doctrines des droits humains, typique d’un état génocidaire. Nous continuerons à suivre de près et à noter les activités illégales et les abus de droits humains en Haïti, et à en faire rapport à de nombreux chefs d’état et à la presse tant haïtienne qu’internationale. Nous continuerons aussi à nous opposer et à dénoncer les politiques impérialistes des gouvernements des Etats-Unis, du Canada et de la France qui ont menacé la vie même de la vaste majorité du peuple haïtien et qui continuent à le faire.
Signatures,
