Institute for Justice and Democracy in Haiti

« Le BAI considère que l’Administration MOISE/LAFONTANT est dans l’obligation de remettre à la Justice le colonel criminel [Gabriel] pour qu’il puisse répondre de ses actes… »

Communiqué de presse de BAI, 14 mars 2018

Jean-Robert Gabriel a été secrétaire de l’État-Major général des Forces armées d’Haïti (FADH) et porte-parole public du régime de Cédras, qui a dirigé Haïti pendant trois ans caractérisés par des violations généralisées des droits de l’homme après avoir organisé un coup d’État militaire en septembre 1991. Après le rétablissement du gouvernement démocratique en octobre 1994, Gabriel a été condamné par contumace par le tribunal de première instance des Gonaïves pour son rôle dans le massacre de Raboteau. Malgré sa condamnation, Gabriel a été nommé assistant chef d’état-major G1/G3 dans les FADH récemment reconstituées. BAI a vivement critiqué la nomination et a demandé l’arrestation de Gabriel.

Déclarations du BAI

14 mars 2018 Communiqué de presse BAI en réponse à la nomination de Gabriel à la FADH reconstituée

« Le BAI ne s’étonne pas de ce que, sans égard pour les victimes nombreuses et innocentes du coup d’Etat sanglant du 30 Septembre 1991, Monsieur Jovenel MOISE prend la responsabilité de nommer un « haut Etat-Major » composé de personnes au passé sulfureux dont le Colonel Jean Robert Gabriel, militaire tortionnaire, jugé par contumace au procès du massacre de Raboteau, aux Gonaïves, le 16 novembre 2000. »

6 mai 2020 Lettre de BAI au ministère haïtien de la Justice et de la Sécurité publique (répétée conjointement avec le Réseau National de Défense des Droits Humains, RNDDH, le 16 mai 2020)

« Le BAI vous demande par ailleurs d’instruire le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince d’ordonner à la police judiciaire de saisir un autre contumax qui élit domicile au Ministère de La Défense: le nommé Jean Robert Gabriel, membre du soi-disant Haut Etat-major des Forces Armées d’Haïti (FAD’H), identifiées par la société civile d’en-bas comme étant une armée Rose au service du régime « Bandi legal » du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK) de Monsieur Jovenel MOISE, pour le livrer, lui aussi, aux fins de droit, à la justice des Gonaïves. »

À propos de Gabriel

Haut Dirigeant de la Dictature Cédras et Architecte des Abus des Droits de l’Homme

Gabriel était l’un des principaux dirigeants de la dictature de Cédras. Il a été l’un des six membres du haut commandement (état-major) des FADH, qui a planifié et assuré l’exécution des politiques du régime– le chef d’une armée qui a été décrite par les experts comme une « entreprise criminelle » qui « a été organisée pour réprimer des civils, plutôt qu’à des fins militaires légitimes ». Les pratiques ainsi présidées par Gabriel comprenaient le meurtre, le viol, la torture, les disparitions forcées et d’innombrables autres crimes qui ont fait jusqu’à 4 000 Haïtiens morts et des centaines de milliers de personnes fuyant le pays. La centralité de Gabriel dans le coup d’État et la dictature de Cédras peut également être vue à partir de son inclusion parmi seulement 29 officiers militaires qui ont été sanctionnés par les États-Unis dans le cadre de leur premier cycle de sanctions contre la junte. Gabriel a également agi en tant que porte-parole de la dictature et a fait partie de la délégation du régime aux négociations négociées par l’ONU en 1993 sur le rétablissement du gouvernement démocratique évincé.

Condamné pour rôle dans le massacre de Raboteau

Gabriel a été poursuivi pour son rôle dans l’orchestration du massacre de Raboteau. Il a été condamné par contumace – avec 36 autres personnes, qui comprenaient collectivement l’ensemble des dirigeants des FADH et du FRAPH (son homologue paramilitaire), mais avaient fui Haïti avant le procès. En vertu de la loi haïtienne, les accusés condamnés par contumace sont susceptibles d’être arrêtés à leur retour dans le pays, avec le choix d’accepter la condamnation ou d’exiger un nouveau procès.

Renvoyé aux autorités militaires sans responsabilité

En mars 2018, Gabriel a été nommé assistant chef d’état-major G1/G3 au sein des FADH, qui avaient été démobilisées en 1995 mais récemment reconstituées sous l’administration du président Moïse. BAI a vivement critiqué cette décision comme donnant à Gabriel une plate-forme pour « reprendre la barbarie militaire et montrer du mépris pour les droits légitimes du peuple haïtien ». L’administration Moïse a néanmoins persisté à affirmer que le condamné Gabriel avait été examiné avec tous les membres des FADH et « est exempt de violations des droits humains ». Il existe un rapport isolé affirmant que Gabriel a obtenu une annulation de sa condamnation pour une prétendue technicité juridique.

BAI a renouvelé sa critique de l’incapacité du gouvernement à tenir Gabriel responsable dans une lettre du 6 mai 2020 adressée au ministère haïtien de la Justice et de la Sécurité publique, qui rappelait au gouvernement son devoir d’arrêter Gabriel conformément à la loi haïtienne et au verdict Raboteau. Le 16 mai, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a rejoint le BAI dans son message.

 

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