Human Rights Lawyers Call Haitian Electoral Court’s Verification a Lost Opportunity (Franais inclus)



Mario Joseph, Av., Bureau des Avocats Internationaux, + 509-3701-9878 (French, Kreyol)
Nicole Phillips, Esq., Institute for Justice & Democracy in Haiti, + 001-510-715-2855 (English, French)

Human Rights Lawyers Call Haitian Electoral Court’s Verification a Lost Opportunity

(PORT-AU-PRINCE, Haiti, January 10, 2017) – The Bureau des Avocats Internationaux (BAI) and the Institute for Justice & Democracy in Haiti (IJDH) are disappointed in the incomplete verification conducted by Haiti’s electoral authorities, which fell far short of the comprehensive inquiry ordered by the National Electoral Challenges Bureau (BCEN). The verification panel’s January 3rd decision ignored legitimate demands of the process raised by political parties and observer groups, putting at risk the credibility of the recently-announced presidential results.

On December 20, the BCEN ordered a review of 12 percent of the tally sheets (1,560 total) from the Vote Tabulation Center, in response to a challenge of the results by three presidential candidates. However, the verification panel, composed of CEP members, lawyers and judges, did not examine if the tally sheets were signed by the poll workers or verify the national identify numbers with the liste d’émargement (the electoral list that voters sign or fingerprint next to their national identity number and photo), which were supposed to be reviewed per an order of the BCEN.

“The verification process was a genuine fiasco,” said Mario Joseph, managing lawyer of the BAI. “When observers and contesting parties objected, the panel illegally changed the review procedures to prevent them from officially registering their concerns, in violation of the BCEN order, rendering their participation futile.” One of the human rights organizations that withdrew from the observation denounced the BCEN verification panel’s lack of transparency and called the process “a veritable theatre.” The panel concluded on January 3rd that there was no evidence of massive fraud, but only irregularities that could not decisively affect the electoral process.

This verdict is unconvincing, according to IJDH Staff Attorney Nicole Phillips. “It is hard to have confidence in these results when 40 percent of national identity cards (CIN) are unaccounted for,” said Phillips. Prior to the election, the head of the National Identification Office (ONI) admitted that 2.4 million activated but undistributed cards had gone missing, out of a total of six million national identity cards in circulation. “In such a situation, it is imperative that they check the identity of the voters against the official registry of the ONI, but the panel refused to do so,” Phillips argues.

In addition, problems with electoral lists prepared by the ONI prevented many would-be voters from casting a ballot on November 20. Phillips added, “The ONI is dysfunctional, which reflects badly on the international community.” The ONI was established in 2005 through a partnership of the Haitian government and the Organization of American States, funded by Canada and other foreign governments.

The commission that investigated the October 2015 elections warned that the “sale and purchase of electoral cards” was becoming a common practice in Haitian elections, and pointed to the risk that undistributed cards could be used by individuals who “would pay for the luxury of voting more than once.” In the October presidential election, 16.2 percent of traceable votes had been cast using false CIN numbers, the commission found.

Haitians questioned the integrity of the August and October 2015 elections, despite assurances from the Provisional Electoral Council and international community that the elections were free and fair. After two independent commissions found massive fraud, the government finally admitted the fraud and scheduled new elections. Joseph calls for a transparent and accountable verification to dispel the suspicions that hang over these results. “The BCEN makes it clear that fraud and/or irregularities do not change election results, a reliable audit is needed to correct the electoral process for Haiti’s next upcoming elections.”

The verification process’ problems compelled the three main opposition parties to boycott the process, and all three have announced they refuse to accept the Presidential results. The CEP has the last word, so neither the candidate nor the voters have any legal recourse, but opposition parties have vowed to continue to protest. The spoiled verification undermines the credibility of the electoral process and the legitimacy of the incoming President.

The lawyers are also concerned by multiple reports of Haitian National Police (PNH) using excessive force against journalists and protestors, despite lawful permits to protest. Although the police have the obligation to purse criminal acts by political actors, they must also guarantee the right to legal protests. In addition, President-elect Jovenel Moise endorsed an unconstitutional “municipal police force” created by the mayor of Les Cayes to work “next to” PNH. Joseph calls on the Minister of Justice and Public Security and PNH “to respect the Constitution, which prohibits any armed force outside of the PNH, and which guarantees the freedom of expression of protestors.” (See, Haitian Constitution, articles 31 and 263-1).



Mario Joseph, Av., Bureau des Avocats Internationaux, +509-3701-9879 (français, kreyòl)
Nicole Phillips, Esq., Institute for Justice & Democracy in Haiti, +001-510-715-2855 (anglais, français)

Des avocats de Droits Humains appellent les conclusions du BCEN une occasion perdue

(PORT-AU-PRINCE, Haïti, le 10 janvier 2017) – Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI) et l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti (IJDH ) déplorent la vérification incomplète effectuée par les autorités électorales d’Haïti, qui sont bien en deçà de la vérification indiquée dans «l’Avant Dire Droit» du Bureau du Contentieux Electoral National (BCEN). La décision du BCEN du 03 janvier 2017 ignore les demandes légitimes des partis politiques et des groupes d’observation et met en péril la crédibilité des résultats des élections présidentielles récemment annoncés.

Le 20 décembre 2016, le BCEN a ordonné, par un avant dire droit, l’examen de 12 % des procès-verbaux (1 560 au total) depuis le Centre de Tabulation des Votes (CTV), en réponse la contestation des résultats par trois candidats la présidence. Toutefois, le BCEN, composé des membres du CEP et des avocats et des juges, ont vérifié les procès-verbaux sans prendre le soin d’examiner s’ils sont signés par des membres des bureaux de votes ni si les CIN sont conformés avec la liste d’émargement, qui devaient être examinés suivant l’ordonnance du BCEN.

«Le processus de vérification était un véritable fiasco,» a déclaré Maétre Mario Joseph du BAI. «Lorsque les observateurs et les partis contestataires s’y sont opposés, le tribunal électoral a changé la procédure de vérification afin de les réduire au silence et de rendre leur participation futile en violation de l’ordonnance du BCEN.» Marie Yolène Gilles du RNDDH, qui s’est retirée de l’observation, a dénoncé le manque de transparence du BCEN et a qualifie le processus «un véritable théâtre.» Le BCEN a déclaré le 03 janvier, «il ne relève aucune fraude massive mais des irrégularités qui ne peuvent affecter le processus électoral.»

Cette décision n’est pas convaincante, selon Maître Nicole Phillips de l’IJDH. «Il est difficile d’avoir confiance dans ces résultats, lorsque 40 % des Cartes d’identifications nationales (CIN) se sont disparues,» a déclaré Maître Phillips. Avant l’élection, le chef de l’Office National d’Identification (ONI) a admis la disparition de 2,4 millions de cartes qui ont été activées mais pas distribuées, sur 6 millions CINs en circulation. «Dans cette situation, il est impératif que le BCEN vérifie l’identité des électeurs dans le registre officiel de l’ONI, mais le tribunal a refusé de le faire,» affirme Phillips.

En outre, des problèmes avec les listes électorales préparées par l’ONI ont empêché plusieurs électeurs potentiels de voter le 20 novembre. Phillips a ajouté, « L’ONI est une débâcle, qui reflète mal la communauté internationale». Car l’ONI a été créée en 2005 en partenariat avec le gouvernement haïtien et l’Organisation des États américains, et financé par le Canada et d’autres gouvernements étrangers.

Le Commission Indépendante d’Evaluation et de Vérification Electorale (CIEVE) qui a étudié les élections d’octobre 2015 a prédit un « commerce de cartes électorales » qui allait devenir chose courante  la veille des joutes électorales et a souligné le risque que les cartes non distribuées puissent être utilisées par des individus qui « se paieront le luxe de voter plus d’une fois. » l’élection présidentielle du 25 octobre 2016, 16,2 % des votes traçables ont été précipités l’aide des faux CIN, a constaté la CIEVE.

Le peuple haïtien a mis en doute l’intégrité des élections d’a»t et d’octobre 2015, malgré les assurances données par le Conseil électoral provisoire et la communauté internationale que les élections ont été libres et équitables. Deux commissions indépendantes ont découvert des fraudes massives, le gouvernement a été forcé d’admettre les fraudes. Maître Joseph réclame une vérification transparente et responsable pour dissiper les soupçons qui décrédibilisent ces résultats. « Le BCEN laisse comprendre que les fraudes et / ou les irrégularités ne changent pas les résultats des élections, une vérification fiable est nécessaire pour corriger le processus électoral pour les prochaines élections en Haïti.»

Les problèmes du processus de vérification ont contraint les partis contestataires boycotter le processus et  refuser d’accepter les résultats de la présidence. Le CEP a le dernier mot, donc ni les candidats ni les électeurs n’ont aucun recours légal, mais les partis contestataires ont juré de continuer protester. La vérification gâchée mine la crédibilité du processus électoral et la légitimité du nouveau président.

Les avocats sont aussi concernés par les multiples rapports de la Police nationale Haïti (PNH) une force excessive contre les journalistes et les manifestants, malgré les notifications légitimes pour protester. En outre, le Président soi-disant élu, Monsieur Jovenel Moise, a endossé la « polis kominal » inconstitutionnelle créé par Monsieur Gabriel Fortuné, le maire de la ville des Cayes, travailler « a kote » de la PNH. Maitre Joseph appelle le Ministre de la Justice et de la sécurité publique (MJSP) et le Commandement de la PNH « respecter les articles 31 et 263 – 1 de la Constitution haïtienne, qui interdit toute force armée en dehors de la PNH, et qui garantit la liberté d’expression des manifestants».